vendredi 17 août 2012

Réduction

Un roman de 500 pages réduit à... une page. Exemple d'une écriture collective (5 adultes), dans le cadre d'un atelier mené à la médiathèque de Cormontreuil (Marne), en novembre 2011 :
(c) Laurent Contamin

"Au commencement de ma vie, ma scolarité fut marquée par un jugement récurrent qui devait la symboliser : Peut mieux faire.

J’aimais trop vagabonder dans les environs du village et surtout dans les souterrains du vieux château fort.

Jusqu’à mon treizième anniversaire.

Cette année-là en effet, Charles-Arthur vint habiter en face de chez moi et fréquenta assidûment notre maison.

Il m’ouvrit à l’archéologie.

Ce fut pour moi une rencontre déterminante ; cet homme m’avait réconcilié avec moi-même en posant sur moi un regard bienveillant, en transformant mon défaut de vagabondage en qualité d’explorateur et de découvreur du passé.

A ses côtés, je me sentais grandir de jour en jour.

Notre différence d’âge a toujours été un souci pour lui. Pas pour moi.

Il était mon modèle et j’ai réussi grâce à lui.

Me voici à présent à l’orée de ma retraite, assez fier du déroulement de ma vie, car je lis sur le carnet de notes de ma petite fille : Excellent travail, réussira !

J’ai la prétention alors de penser que Charles-Arthur n’est pas pour rien dans ces quelques mots."


Un recueil avec l'ensemble des textes écrits par les participants est tenu à la disposition du public à la médiathèque de Cormontreuil (51)

lundi 18 juin 2012

Faits divers

La classe de 3ème B du collège Calmette
Au collège Jacques Calmette de Limoges, où j'interviens dans le cadre de l'opération "A l'école des écrivains - des mots partagés" pour une classe de 3ème, nous écrivons, après avoir lu Chambre Noire et  discuté sur le rapport entre fait divers et écriture, à partir d'articles de journal glanés dans les presses locale et nationale. L'idée est d'écrire un texte poétique à partir d'un fait d'actualité, avec quelques contraintes formelles proposées. Deux exemples :

Abdel évoque, dans un travail sur le rythme des mots, les drames de la précarité :

Seule - heure - long - peur - intermittent
Deux - mois - peur - portes - auparavant
Chômage - futur - perversité
Explosion - avenir
Vulnérabilité


Kelly et Grégory ont été touchés par le meurtre de soldats français en mission en Afghanistan et en ont fait un haïku :

Des militaires mitraillés
Dans une vallée
Où la paix devait régner.

Laurent Contamin

jeudi 3 mai 2012

Des textes qui n'avaient pas de nom



Réponse à un questionnaire sur ma résidence en collège, Beaumont-sur-Oise, 2010/11 :

La question de la formation, des origines :
"J’anime pas mal d’ateliers d’écriture depuis une dizaine d’années, notamment en lycées (général et professionnel), avec des étudiants, des jeunes dits "en difficulté", des comédiens, des usagers de bibliothèques… J’avais beaucoup plus rarement pratiqué l’atelier d’écriture avec des enfants et adolescents.

J’ai été très peu formé : J’ai suivi quelques ateliers d’écriture animés à l’époque au Théâtre de l’Est Parisien par Michel Azama, c’était en 1994. J’ai échangé avec des collègues, notamment Bruno Allain et Dominique Paquet, sur la pratique d’atelier. Et pour ce qui est des lectures, on en revient toujours au François Bon, c’est vrai, Tous les Mots sont adultes, qui a ceci d’inépuisable qu’il n’est pas un catalogue de recettes mais un livre qui se déploie et se re-déploie en permanence, qu’il ouvre et interroge, et puis quelques autres, dont celui d’Alain Knapp, A.K, Une École de la Création Théâtrale, qui m’a sensibilisé à un cheminement de pensée intéressant et fécond.

La particularité de ma résidence, c’est qu’elle était longue, puisque j’étais au collège sur toute l’année scolaire, donc de septembre à juin. Les demandes des enseignants étaient diverses : parfois c’était juste un atelier de deux heures, une seule fois. Parfois c’était un rendez-vous régulier, sur deux mois. Parfois encore ce fut plus long, comme avec cette classe de 4ème qui a écrit Voix d’Eau, un texte mis en voix en fin d’année à la Fondation Royaumont. Le travail évidemment s’organisait différemment selon..." > Lire la suite
> Laurent Contamin

vendredi 6 avril 2012

Vers où va le vert ?

Un atelier que j'ai mené au Théâtre Canter de Saint-Denis de la Réunion avec les compagnons du Théâtre du Grand Marché, en 2008 : merci à Cécile, Vaite, Marie, Auaco et Vincent (Fontano) qui ont écrit un très beau texte choral à partir de nos séances d'atelier, intitulé "Vers où va le vert ?", et qui commence ainsi :


VAITE : La lune apparaît
Les champs endormis
Se colorent de vert.

VINCENT : D’abord, il y a un champ de cannes immense et vert qui respire à chaque passage du vent. Puis il y a une rivière qui murmure. Il y a une route silencieuse car elle est seule. Et surplombant le tout, une vieille porte en bois qui grince. Une vieille porte en bois que l’on n’a pas eu le temps de peindre, ni de poncer, une vieille porte en bois qui regarde mais que l’on ne regarde pas. Derrière cette porte, il y a moi. C’est une porte à battants. Enfant, je me disais que ce nom devait lui venir du bruit sourd et sec qu’elle faisait en se cognant au vent. Le bruit d’une claque rapide et violente. Du genre que l’on donne aux gens trop curieux. Trop curieux de voir ce qu’il y a après cette porte-là, après cette porte il y a moi. Derrière ma porte, je regarde la nuit habiller le monde. Le champ de cannes s’essouffle et la rivière semble vouloir parler. Je ferme la porte. Pas de serrures, pas de clefs, pas de cadenas qui protège l’entrée. Juste un bout de bois. Un bout de bois allongé : le battant. Il maintient les deux volets. Au pied de ma porte, des mites invisibles ont fait festin ; elles l’ont rongée, ma porte. Si bien qu’en étant attentif, on voit la lune laisser traîner sa main. Là, allongé sur mon lit, je surveille la lune. Plutôt les ombres qu’elle dessine. Savent-elles que je suis là ? Je ne les entends pas marcher mais je les vois, les ombres traversent la lumière lunaire ; au pied de ma porte, assis en tailleur, je ne dors pas, j’attends. Si elles essaient d’entrer, je sais que ma porte ne se donnera pas, pas comme ça. C’est une porte battante, elle se battra, elle me défendra, elle sait qu’après elle il y a moi.

VAITE
La porte d’entrée de la maison de mes grands-parents le jour où mon oncle est rentré déguisé en Père Noël / la porte d’entrée de la chambre funéraire /  la porte des vestiaires à la piscine l’été / mon père derrière la porte de la maison /  les portes cassées de mon frère /  la porte de la voiture qui claque sur les doigts /  la porte du train qui se ferme /   la porte du train qui s’ouvre / la porte du lycée où je me suis appuyée...

.../...

Laurent Contamin

mardi 13 décembre 2011

A la manière de...

En 2002, le Théâtre de l'Athénée-Louis Jouvet me demandait, dans le cadre de sa programmation de La Folle de Chaillot de Jean Giraudoux mis en scène par François Rancillac, de sensibiliser les écoliers de CM et les collégiens à la pièce. L'occasion d'écrire "à la manière de..." tel ou tel personnage de la pièce : à la manière d'Irma, à la manière des "mecs", etc... Un extrait :
"Plongez dans un bain moussant à l'eau de tulipe. Séchez-vous avec une serviette à l'eau de bleuet. Laissez-vous étendre dans un lit, et votre imagination naviguer. Une fois séchée, prendre un bon bol de chocolat. Se réveiller en s'étirant avec de l'huile de rose. Construire le nouveau petit robot qui rangera votre chambre. Mettre la plus belle robe que vous ayez jamais mise. Fabriquer un bijou de luxe. Laver son chat. Lui friser les poils puis les lisser. Tricoter à son chat un petit noeud. Mettre ses escarpins. Descendez votre escalier avec vos gants pour ne pas mettre de traces de doigts sur la rampe. Respirez l'air du matin. Commencez à marcher en vous étirant les chevilles. Poussez la porte du marchand de journeaux. Achetez votre journal. Remontez chez vous puis repassez votre journal au fer à l'eucalyptus. Prenez l'ascenseur, sortez. Asseyez-vous à la table 216 du restaurant "Les malins". Commandez votre petit poulet garni aux pommes confites, comme d'habitude. Lisez votre journal à l'envers. Puis dégustez votre plat à moitié chaud. Commandez votre glace multi-parfums. Laissez-la fondre jusqu'au dernier glaçon, puis buvez. Sortez et asseyez-vous sur un banc pour digérer. Promenez-vous, rentrez chez vous. Faites votre sieste à l'envers. Réveillez-vous à l'encens. Descendez acheter un livre, lisez-le assise sur une balançoire. Rentrez vous endormir pour des années, des années, des années..."
Une élève de 5ème

mercredi 19 octobre 2011

Une voix d'eau



"je
suis sur
un bunker et
je regarde la mer
le bunker éclairé par la lune
la mer qui bascule avec le vent
les dunes de sable le sable mouillé et brassé
par les vagues les petits arbres qui recouvrent le sable
le bruit des vagues qui claquent sur les rochers pouf
les phares au loin rétrécissent ma pupille
les bateaux qui flottent sur la mer
il fait doux le vent
frôle mes
joues"
Texte d'Alexis, élève de 4ème
Collège Jacques-Monod de Beaumont-sur-Oise, janvier 2011

Un spectacle écrit à partir des écrits des collégiens, Voix d'Eau, a été mis en espace à l'abbaye de Royaumont (95) le 4 juin 2011, par Olivier David de la Compagnie Fond de Scène.

Un atelier de création radiophonique, A Vau-l'Eau, a été réalisé pour France Culture et diffusé le 23 juin 2011.

Enfin, j'ai écrit durant cette résidence un recueil poétique, Partage des Eaux, paru en janvier 2012 aux éditions Eclats d'Encre.

Retrouvez d'autres textes d'élèves écrits au cours de ma résidence d'écriture avec le Conseil Régional d'Ile-de-France sur remue.net : cliquer ici

lundi 3 octobre 2011

textes individuels/collectifs, groupe podo, lycée d'Alembert, Paris, 2009

A l’intérieur de moi il y a
L’envie de dormir
De partir en vacances
L’envie de gagner l’amour
Manger un Mac Fleury et des sushis
Bronzer
Voir des potes
L’envie d’être dans mon lit
Voyager au Bahamas
Voler dans l’espace
Faire du shopping
Envie de chanter, rapper
M’échapper du lycée
M’éclipser… de douceur
Prendre un bain
Vivre
Respirer



Il y a des pulsions à l’intérieur de moi
L’envie d’acheter un nouvel oreiller
De gagner de l’argent
L’envie de réussir mon CAP
Etre de l’or
Il y a des poumons, de l’électricité, l’océan Atlantique
Etre le président
Je ressens de la fatigue, du stress
Je me sens mieux depuis que y a du soleil
L’envie d’être demain comme ça le temps passe plus vite
Que la vie soit plus simple

Il y a la peur de perdre quelqu’un
Il y a la peur de perdre de l’argent
Il y a la peur de se retrouver à la rue
Il y a personne à l’intérieur de moi
Ou sinon il paye le loyer
Il y a Mister You à l’intérieur de moi
Tout le monde a une deuxième partie, un deuxième visage
Les autres ils nous regardent pas pareil que quand on se regarde dans une glace

On est fait de sang, de globules rouges
De globules blancs
Des flammes de l’enfer
Il y a le bien et le mal
De la vie, de l’espoir et la mort
J’ai tout donné là, c’est bon.




C., S., V., M., S., I., 29 mai 2009





Hier j’ai rencontré une fille qui, avec ses
Courbes généreuses, avait l’air amoureuse
Ses cheveux fins comme de la soie, et ses yeux revolver brillaient comme de la braise, nous
Consumaient peu à peu, lors de ce court instant où nous étions deux, deux corps presque
En fusion, envahis par la passion, le fruit de
L’envie nous envoûtait, sans y goûter, ce fruit défendu qu’on appelle l’amour.



R., 27 mars 2009



Je m’installe, écran tout neuf à peine sorti
Du carton, que la beauté des pixels était optionnelle
Pour une partie de jeux vidéo en ligne.

Je m’équipe d’armes d’assaut utilisées pour une
Mission d’attaque du camp ennemi, tout comme

La guerre des tranchées pendant la 2ème guerre
Mondiale : armé jusqu’aux dents.



Y., 27 mars 2009

Les mangas

Le dessin est unique, on se croirait
Vraiment dans le manga. Le sentiment
Des personnages est vraiment touchant
Qui marque le lecteur et qui fait
Apprécier au lecteur. Qu’importe le
Manga, tous les mangas sont uniques
En leur genre. Le sens est unique le
Sens est contraire au sens de la lecture
Française ce qui le rend plus unique.



C., 27 mars 2009


Beauté

Moi qui ai porté ma petite
Sœur en premier
Si petite si légère,
Son odeur sucrée
Me reste inoubliable.


S., 27 mars 2009


J’aime les YZ 125 pour la
Rapidité, la puissance, la forme du
Moteur, j’aime toute la moto,
J’aime l’effet du vent sur la moto.



M., 27 mars 2009


textes individuels, groupe podo, lycée d'Alembert, Paris, 2009









A Mohamedia

Les vagues sont belles
Quand le soleil se couche
Je sors ma planche
M., 6 mars 2009


La mer
La plage
Les odeurs
Le bruit –
Tout ondule...
S., 6 mars 2009



Le souffle brûlant
De l’été brûle les corps
Figés sur la plage

Le froid glacial
De l’hiver fige toutes les
Formes de vie
C., 6 mars 2009


Un père qui m’éduquait à sa manière,
De façon méchante et violente,
Par mon don de le pousser à bout, il s’emporta parfois
Tellement fort, par tort
Abusant de son rôle de père,
Je lui en voulais à mort,
Une force supérieure à la mienne
Presque surhumaine
Au début incomprise, mais j’ai compris
Que par sa peine,
Il s’emporta, s’excusa,
Il ne voulait que mon bien
Et maintenant je le remercie
De m’avoir protégée ainsi.
S., 10 avril 2009




J’aimerais que le monde soit meilleur
J’aimerais qu’il n’y ait plus d’obligations dans la vie
J’aimerais que la vie soit plus simple
J’aimerais que la faim n’existe plus
J’aimerais que la douleur n’existe plus
J’aimerais que l’argent n’existe plus
J’aimerais que la violence n’existe plus
J’aimerais que l’on soit tous égaux
J’aimerais que la peur n’existe plus
J’aimerais qu’il n’y ait plus de responsabilité
J’aimerais qu’il n’y ait plus d’ambition
J’aimerais qu’il n’y ait plus de supériorité
J’aimerais que tout le monde soit heureux
J’aimerais que ce soit le paradis.






Mais les gens font tout pour que çà ne se produise pas
Mais on ne peut pas échapper à ses obligations
Mais la vie est trop compliquée
Mais il faut manger pour vivre
Mais c’est la vie
Mais l’argent est ancré dans nos vies
Mais la violence existera tant que la peur est là
Mais il y a toujours des personnes plus fortes que les autres
Mais la peur fait partie de nous
Mais il y a toujours des responsabilités
Mais les gens sont trop ambitieux
Mais il y aura toujours des personnes supérieures aux autres
Mais il y a toujours des problèmes
Mais le paradis est après la mort.

C., 10 avril 2009



Je rêve d’un monde meilleur
D’un monde sans guerre
Je rêve d’un monde sans contrôle abusif de ces bâtards de policiers
Je rêve d’un monde où il n’y aurait pas de différence entre riches et pauvres
Je rêve d’un monde où tout le monde se mélange
Je rêve d’un monde sans discrimination de couleur
Je rêve de voir un président de couleur en France
Je rêve d’un monde sans crise financière. D’un monde où l’on peut avoir de l’argent sans avoir à charbonner
Je rêve de voir un jour le PSG sur le toit de l’Europe
Je rêve de voir la France gagner de nouveau la Coupe du Monde.
S., 10 avril 2009


J’en ai marre marre de ma vie
De toute cette hypocrisie
J’en ai marre d’avoir peur de mon avenir
J’en ai marre des professeurs qui nous rabaissent
J’en ai marre d’un garçon qui n’est même pas capable d’avouer ses sentiments à une fille jalouse et qui préfère la rendre jalouse
J’en ai marre que ma famille me dise tout le temps que je suis bonne à rien
J’en ai marre que ma sœur mente à ma mère, elle se fait passer pour une victime
J’en ai marre de me poser la même question, j’ai le droit d’avoir une part de bonheur
J’en ai marre du monde, d’être méchante avec les gens qui m’aiment beaucoup
J’en ai marre d’avoir tout détruit
J’en ai marre que ma mère se fasse des soucis pour moi
J’en ai marre de voir ma mère prendre tout le temps des médicaments, de la voir au lit toute la journée
J’en ai marre de voir ma mère se détruire et se rendre malade, de la voir souffrir à cause des autres
Je veux réussir ; avoir des rêves de joie, de réussite
Et je veux plus faire du n’importe quoi
Je veux pouvoir montrer à ma famille de quoi je suis capable
Et de pouvoir réussir dans ma vie et rendre fière ma mère et tout les gens autour de moi.






I., 10 avril 2009


Prisonniers tant d’années derrière eux,
Tour à tour courageux et peineux
La lumière qui les mena chez eux
Les rendit et meilleurs, et heureux.
S., 3 avril 2009







Deathrum

Sortis de l’ombre des catacombes, les enfants
Sortis de la pénombre
Ils s’évadent vers une nouvelle ère : 1956,
Le 21 juillet l’indépendance est née

Marche, marche me dit Anne.
La marche éperdue.
Il faut quitter cette forêt des âmes perdues
Retrouvons le chemin ou nos âmes se sont rencontrées

Un jour, espérer retrouver nos âmes égarées.


Y., 3 avril 2009


Laurent Contamin

vendredi 7 août 2009

textes individuels 2, groupe ortho, lycée d'Alembert, Paris, 2009


Diptyque

Ils sont perdus dans une forêt   Elle lui donne sa confiance
Il lui tient la main Elle reste derrière lui
En avant il la guide sur le chemin   Elle se sent protégée
Il veut la protéger…   L’amour d’un frère est plus fort que la peur.
G., 31 mars 2009


Nous nous enfouissons dans une forêt sans fin, mystérieuse
Une forêt dans laquelle
On ne peut pas s’en sortir
C’est une forêt comme celles du Japon.
A., 31 mars 2009


Une feuille s’envole
Emportant mon cœur
au loin
M., 2 mars 2009


Ce jour-là
elle et moi
avons affranchi

l’obscurité
main à main :
« N ’ a i e p a s p e u r ! »
H., 31 mars 2009



C’était un lundi matin le jour le plus dur de la semaine
et j’étais dans mon lit.
Je ne dormais pas mais j’avais simplement les yeux fermés et là
j’ai senti un doux parfum familier.
Une main se posa sur mon épaule droite j’ouvris mes yeux.
Je vis ma mère assise à côté de moi
elle me dit mon fils je part au boulot
je te laisse le petit déjeuner sur la table à manger
sers-toi parce que lundi c’est dur.
Elle me prit dans ses bras et me fit un gros bisou ainsi qu’un gros câlin
passe une bonne journée mon fils
et fume pas.
D., 24 mars 2009


Quand j’entends sa voix
Je me retourne
Je sais que ça ne peut être
Qu’une seule personne
Et que cette personne

Je l’aime.
G., 24 mars 2009


J’ai vu hier après-midi un oiseau rouge perché sur un arbre
C’était comme un rouge-gorge qui sautillait de branche en branche
On n’a pas l’habitude de voir ces oiseaux rouges
en ville.
A., 24 mars 2009


Ce matin j’ai vu un beau garçon
Il a pris le même bus que moi
Il m’a éblouie
Il a fait briller mes yeux
Ce beau garçon avait une beauté d’ange
Ses yeux étaient comme noisettes
Sa peau était caramélisée
Son odeur était sucrée
C., 24 mars 2009


J’ai senti dans ma bouche un goût de pomme ce matin car j’adore
Les fruits et aussi entendre le souffle du vent passer dans mon visage en voyant les fruits
Sa peau était tellement douce et onctueuse que je sentais l’arôme entre mes lèvres
La pomme était acide, sans sucre ajouté.
Léa Palomares
24 mars 2009



Un amoureux triste
Un amoureux est triste
Quand les amis se moquent de lui, qui
Disent que l’amour ça
Sert à rien.
Un amoureux est
Triste quand les
Filles se moquent
De lui, parce
Que c’est pas leur genre de mec.
Un amoureux est triste
Quand les parents lui disent
Quel genre de fille il doit aimer.
Zachary Lannoy
7 avril 2009



La société est elle la liberté, l’égalité ?
La société fait-elle preuve de fraternité ?
La société nous aide t-elle à pouvoir avancer ?
La société est elle un moyen d’évoluer ?
Je pense que la société est une force
Qu’on nous impose – une force tellement forte, capable
De nous aveugler ; et nous, naïfs, on se rend pas compte
Du danger, bien appâtés dans le désespoir de la société
Danny Pinto
7 avril 2009


Moi j’aime pas que mon amoureux regarde les filles
Parle avec les filles
Je déteste qu’il regarde les filles
Pourquoi tu me fais souffrir
Moi je veux juste survivre
Avec ou sans toi
Dans le même choix
Tu veux me laisser
Tu peux me blesser
Tu oses m’enlacer
Moi je suis désespérée
J’ai mal
Mal au cœur
Pourquoi m’as-tu fait ça
Je te croyais pas comme ça
Et moi qui comptais sur toi.
Chaimae Bourahmaoui
7 avril 2009


Il y a trop de choses qui m’énervent
Comme le mépris et l’hypocrisie
Trop de gens sont hypocrites dans ce monde
Ça donne envie de taper
Puis il y a aussi de l’insolence
Il y a trop de gens qui sont insolents
Par ce que je suis trop gentille
Et quand ça accumule trop
Mes nerfs lâchent
Et je finis par cogner la personne
Ce qui veut dire qu’il faut éviter l’insolence, le mépris, l’hypocrisie
Parce que ça vous pousse à être victime de votre propre crime.
Je n’aime pas la lâcheté
Ça donne du dégoût
C’est casse-couilles
Tu te fais frapper, dépouiller, arnaquer, violer et tuer tout ça parce que tu es lâche
Quand les gens viennent parler avec toi
Tu crois que ce sont tes amis
Etant naïf tu donnes tout ce que tu as sur toi
A un moment, tu te rends compte que tu n’as plus rien
T’ouvres tes yeux et tu vois vraiment que ce n’était pas tes amis
C’est ce qu’on appelle la lâcheté et la naïveté.
Emma Moukalla
7 avril 2009




J’en ai marre des gens qui m’énervent
J’en ai marre des gens qui s’insultent pour rien du tout
J’en ai marre d’être en colère
J’en ai marre de chercher dans un dictionnaire quand j’en ai besoin
J’en ai marre d’écrire
J’en ai marre de me croire en prison chez moi
J’en ai marre de me ronger les ongles quant je stresse
J’en ai marre d’en avoir marre des gens qui en ont en marre
J’en ai marre d’écrire j’en ai marre
J’en ai marre

Christelle Richard
7 avril 2009



J’en ai marre
Pourquoi?
Je n’arrive pas à le cerner
Il me montre que ce qu’il veut me montrer
J’ai l’impression qu’il me cache sa vraie personnalité
Il me connaît, mais moi pas
Cette amitié grandit mais sans moi
J’essaie de lui faire confiance mais sa double personnalité m’y aide pas
Quand il n’est pas là
Je me demande pourquoi
Mais quand il est là
J’ai envie de le prendre dans mes bras
Mais je ne le fais pas
Meriem Ghami
7 avril 2009



La société

J’en ai marre de l’inégalité
J’en ai marre de tous ces paparazzis qui violent la vie privée des gens
J’en ai marre des lâches
J’en ai marre des gens qui se prennent la tête
J’en ai marre de tous ces gens qui méprisent les autres
J’en ai marre de tous ces gens qui en ont marre
J’en ai marre qu’on en ait marre
J’en ai marre de la société d’aujourd’hui
J’en ai marre des gens coincés
J’en ai marre des hypocrites qui sont malheureusement dans ce monde
J’en ai marre de tous ces gens qui font tout pour nous énerver
J’en ai marre de la violence, même si elle existe et existera toujours
J’en ai marre de tous ces gens qui en ont marre de la vie
J’en ai marre d’en avoir marre de toutes ces choses dont je ne peux pas ne pas avoir marre
J’en ai marre des racistes de toute la Terre
Enfin j’en ai marre des stupides, je veux dire des racistes.
Alexis Correia
7 avril 2009