Affichage des articles dont le libellé est adultes. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est adultes. Afficher tous les articles

mardi 15 juillet 2025

Mémoire de Sarcelles

Le Grand Sarcelles fête, cette année, ses 70 ans... Quelle(s) mémoire(s) urbaine(s) ?

La compagnie Fond de Scène (95) a proposé des ateliers d'écriture, de mise en voix, en corps et en espace à des juniors et à des seniors, à la Maison de quartier des Vignes blanches.

Il s'est agi de chercher une trace du passé, de dresser une trace du présent et d'imaginer une trace de l'avenir...

Jeux d'écriture, description de photos d'archives, échanges sur notre vision de la ville de demain... Un travail de mise en mots qui a fait la part belle à l'inclusion.

Très heureux d'avoir conduit l'archéologie poétique de ces moments !

Une restitution a eu lieu le 7 juillet à l'Institut Médico-Educatif Henri Wallon, avec Nicolas Daussy à la création sonore et Olivier David à la mise en espace

Bravo à toutes et tous !

> Laurent Contamin

> article précédent

> article suivant

lundi 9 juin 2025

Atelier Pop Up avec Cassini

Un léger pas de côté, avec cet atelier pas vraiment "d'écriture" au sens propre du terme, mais en tout cas d'apprivoisement d'un livre, et de sensibilisation à l'illustration, par la réalisation d'une carte pop up :

Voilà ce qu'a proposé, les 7-8 juin, durant le festival Divers et d'Eté, le réseau de bibliothèques La Butinière, de Clermont (60).

La recette de cet atelier personnalisé (compter environ 20 mn par participant.e, plusieurs pouvant cependant travailler en parallèle) est simple : 

A l'aide d'une machine (conçue et fabriquée par un fablab local), chaque participant.e peut se voir attribuer une phrase aléatoire d'un livre (photo 1). En l'occurence, il s'agissait ici de mon roman Mission Cassini, écrit sur le territoire concerné (photo 2).

Grâce à un support carré pré-plié et pré-découpé, à des multiples chutes de magazines, de cartes routières, ou de livres "pilonables" - en lien, de près ou de loin, avec les thématiques proposées par le livre de référence), avec aussi, si on veut, des tampons encreurs, des autocollants, du fil, des gommettes, des feutres... bref, ce qu'on veut, chaque participant.e construit sa carte popup, inspirée par la phrase qu'il s'est vu.e attribuer (photo 3).

Pour les plus jeunes, on peut être là pour aider à orienter vers les bonnes bases d'images, ou pour les découpages. Chaque participant.e repart avec sa carte pop up à exposer ou à offrir...

> Laurent Contamin

> Mission Cassini
> article précédent
> article suivant

mardi 1 octobre 2024

Pays du Clermontois

 5 ateliers d'écriture dans le Clermontois (Oise), de 7 à 77 ans : à Clermont même, mais aussi à Mouy et Bury, en lien avec le réseau de la Butinière, qui regroupe les bibliothèques de la communauté de communes. Merci aux participant.e.s et aux bibliothèques partenaires !


> Laurent Contamin

> article précédent

> article suivant

jeudi 21 septembre 2023

Reprise des ateliers à Senlis

Les ateliers reprennent à la médiathèque de Senlis :
Automne : RV les samedis 7 octobre et 25 novembre
Hiver : 13 janvier et 17 février
Printemps : 13 avril et 8 juin

Vous informer ? Vous inscrire ? > c'est ici

> Laurent Contamin

> article précédent

> article suivant

lundi 5 décembre 2022

Conseil

Un participant à un atelier d'écriture trouvait dernièrement que je ne donnais pas assez de conseils pour "progresser", pour "écrire mieux". C'est vrai que les "retours" que je fais consistent pour l'essentiel à pointer ce qui me semble singulier, intéressant, inattendu dans ce qui écrit... A encourager dans telle ou telle direction plutôt que d'avoir une parole de surplomb qui fasse autorité.

Je me méfie des conseils individuels, dans le cadre d'un atelier collectif qui vise essentiellement à déverrouiller l'écriture sur des formes courtes, spontanées, sur le mode du partage d'expériences bien plus que du supposé "cours" comme en proposent les Anglo-saxons, de l'accompagnement en écriture ou du coaching - dont certains intervenants font leurs choux gras -,  etc.

J'aime beaucoup ce que Rilke répond à M. Kappus dans ses Lettres à un jeune Poète, dont je conseille la lecture à toute personne qui écrit. J'aime aussi ce que disait Cocteau : "Ce que le public te reproche, cultive-le : c'est toi" : voilà qui me semble pertinent. Et puis je suis tombé sur cette petite perle de Saroyan : 


Honnêtement, peux pas mieux dire.

mardi 27 septembre 2022

Rentrée des ateliers à Senlis

 Retrouvons-nous le dimanche 2 octobre après-midi à l'Espace Saint-Pierre de Senlis, à l'occasion du salon du livre : je répondrai à toutes les questions pouvant se poser concernant les ateliers et stages d'écriture prévus cette année à la médiathèque, et y dédicacerai mes dernières publications !


jeudi 2 juin 2022

Senlis


Le samedi 11 juin à 15h, RV à la médiathèque de Senlis, où celles et ceux des participants de l'année aux ateliers d'écriture qui le peuvent liront leur texte préféré. Entrée libre.

Reprise des ateliers à la rentrée, à partir d'octobre 2022.

> Laurent Contamin

> article précédent

> article suivant

dimanche 10 avril 2022

Montbrison

Rendez-vous le mercredi 13 avril à 18h au musée d'Allard, à Montbrison (42), pour un atelier d'écriture avec Laurent Contamin, auteur, metteur en scène et comédien ! N'hésitez pas à vous inscrire pour partager un moment de créativité autour des objets de la collection d'Allard et recueillir les conseils d'un professionnel ! 

Tarif : 5€, sur inscription au Musée, 04-77-96-39-15, museeallard@ville-montbrison.fr

> article précédent

> article suivant

> Laurent Contamin

dimanche 31 octobre 2021

Atelier à distance

 Avec la fédération Auvergne de la FNCTA, un atelier d'écriture en distanciel, un mardi soir par mois, sur cinq séances. Informations et inscriptions > ici 

> Laurent Contamin


dimanche 14 mars 2021

Une vie de château

En préparation à l'ouverture du Centre International de la Langue Française prévue d'ici quelques mois dans les murs du château de Villers-Cotterêts, dans l'Aisne, quelques ateliers d'écriture en lien avec l'association Diaphane et le Centre des Monuments Nationaux, avec des habitants de la ville et la photographe Sophie Zénon.

Merci aux résidents du Centre Henri Vincent et de l'EHPAD François Ier pour leur confiance, leur regard et leur inventivité à mettre en mots leur vécu, réel ou imaginaire, dans le château.

> Laurent Contamin

vendredi 16 août 2019

Démarrer, poursuivre, conclure...

Pour faire écrire une courte nouvelle, en atelier d'écriture, Microfictions de Régis Jauffret (Folio) est une mine.

On peut donner quelques incipit et demander au participant de poursuivre. Exemples de premières phrases empruntées à Jauffret :

Arrête de pleurer. Je ne te tuerai pas ce soir. …/…
J’ai escaladé la façade de l’immeuble comme une paroi rocheuse.
Vous demanderez à quelqu’un d’enlever les pitons, …/…

La ville dort, la ville rêve, la ville s’illumine soudain comme on se réveille en sursaut au milieu d’un cauchemar. La ville où vous êtes né, …/…

Samedi dernier, nous avons acheté en promotion un réfrigérateur assez grand pour …/…

J’ai l’habitude de quitter mon mari en pleine nuit. Quand il dort. …/…

Nous nous sommes rencontrés dans un attentat, alors que par hasard nous partagions le même wagon de métro …/…

- Sandrine, je n’ai pas à me plaindre de votre travail, mais de votre physique ».
Vous prétendez être coupable d’un crime. Mais vous n’avez plus aucune idée de qui est la victime.
Je suis né, il le fallait bien, et je n’ai rien pu faire pour m’empêcher d’atteindre l’âge de 41 ans d’où je vous parle aujourd’hui perché comme un pingouin sur un morceau de banquise.
(ad lib...)
On peut ajouter une contrainte (par exemple : n'écrire que 15 phrases... écrire entre 15 et 30 phrases, etc...).
On peut aussi inverser la proposition et demander aux participants d'écrire une liste de "premières phrases"... qui peuvent servir ensuite, à la manière d'un cadavre exquis, à d'autres participants, pour poursuivre...

Enfin, ce qui est, chez Jauffret, une phrase de début peut être proposée aux participants comme la phrase de conclusion de la nouvelle qu'on leur proposera d'écrire...

mardi 30 avril 2019

En forêt

Dans le cadre de ma résidence à Bourron-Marlotte, en lisière de la forêt de Fontainebleau, quelques haïkus écrits par des usagers de la forêt, dans le cadre d'un atelier-rencontre au Café de la Paix de Bourron-Marlotte :

Aux gorges de Franchard
Le rossignol qui chante
Annonce le printemps

La Veuve Cromagnon -
Toutes ces couleurs mordorées
Comme dans un tableau !

Septembre en forêt
Le vent souffle légèrement
Ah ! Quel apaisement !

A la Mare-aux-Fées
Têtards et tritons qui dansent :
Ca m'amuse.

lundi 19 juin 2017

Séminaire artistique 2017 en Belgique

Du 7 au 13 août 2017 à Farnières (Vielsalm, province du Luxembourg en Belgique wallone orientale), je proposerai une semaine d'ateliers ouverts de sensibilisation et de perfectionnement à la pratique de l'écriture et de la prise de parole.

Les participants pourront également, s'ils le souhaitent, pratiquer également un autre champ artistique : chant, yoga-danse, pratique instrumentale ou orchestrale...

Me contacter pour tout renseignement.

mardi 8 mars 2016

Suite (et presque fin) du Labo-Drama

... Suite à notre première rencontre de novembre (> en savoir plus), nous nous sommes revus, durant le dernier week-end de février, avec la dizaine de participants du Labo-Drama de Cherbourg, sous l'égide de la MJC et du festival Les Téméraires...

On a cogité, synthétisé, imaginé... construit, déconstruit... élagué, étoffé... afin de préciser quelques questions dramaturgiques fortes (la situation, les enjeux, le statut des personnages, pièce paysage/pièce machine, le contexte...).

On a commencé à imaginer un espace pour la pièce, un rythme, on s'est mis le texte en bouche, on l'a écouté sonner... On a remis l'oeuvre sur le métier pour le polir encore, l'affiner, l'ajuster, le préciser, le clarifier...

A l'arrivée, une très belle pièce d'environ 40 minutes, qui sera lue en public par les écrivants eux-mêmes, en mai prochain, lors du festival Les Téméraires. Prenez date !

Au-delà de ce "fruit" qu'aura donné cette série d'ateliers et de
rencontres autour de l'écriture dramatique, et la satisfaction d'avoir réussi à écrire à plusieurs (ce qui n'est jamais facile), c'est surtout le chemin que cela aura fait faire à chacun qui compte : qu'est-ce qu'une pièce de théâtre ? Qu'est-ce que ça veut dire, "faire théâtre" ? Quels sont les possibles et quelles sont les contraintes de l'écriture dramatique ? Et aussi : d'où viennent les idées ? comment avancer dans l'écriture ? comment favoriser l'inspiration ? où et comment chercher ?
> étape précédente (novembre)
> MJC Cherbourg

lundi 16 novembre 2015

Labo-Drama, première partie : décliner le carré

Un groupe d'une dizaine de participants s'est retrouvé les 13-14-15 novembre, afin de construire ensemble le matériau de ce qui est appelé à devenir, lors d'une nouvelle rencontre de février, une pièce de théâtre...

Nous avons d'abord découvert la très grande liberté qu'offrait l'écriture dramatique contemporaine (merci à la bibliothèque municipale qui a mis quelques ouvrages à notre disposition), tout en pointant, dans le même temps, des invariants de la parole théâtrale.

C'est dans ce contexte fait à la fois de possibles et de contraintes que nous sommes entrés dans le vif du sujet, autour du mot "carré", thème qui sera la "figure de proue" de notre atelier à plusieurs étapes : le carré à tous points de vue, à savoir le mot lui même, mais aussi ses différents sens, sa forme géométrique... bref nous avons décliné le carré de différentes manières pour le confronter à notre regard, notre vécu.

Nous avons aussi laissé parfois faire le hasard par le biais de propositions oulipiennes. A l'arrivée, nous avons écrit une cinquantaine de textes courts ayant rapport, de près ou de loin (parfois simplement dans le processus d'écriture), au carré.

Rendez-vous en février pour un temps d'écriture collective cette fois, au cours duquel il s'agira de structurer une pièce de théâtre d'environ 45 minutes, qui sera lue en public lors des Téméraires, en mai prochain.

> suite de l'atelier (février)

> Laurent Contamin

vendredi 23 octobre 2015

Labo-Drama à Cherbourg

Dans le cadre des "Téméraires toute l'année !", la MJC de Cherbourg-Octeville (50) propose, avec le soutien du Conseil Départemental de la Manche, un laboratoire dramaturgique que j'animerai en plusieurs temps, et qui consistera à apporter aux participant(e)s :

- une sensibilisation au théâtre contemporain et à ses modes d'écriture
- un atelier d'écriture de textes individuels
- un atelier dramaturgique collectif
- une lecture publique du texte théâtral collectif.

Les dates : 13-14-15 novembre 2015, puis 27-28 février 2016, puis 21-22 mai 2016.

Les tarifs : 35 / 45 euros

Infos et résas : MJC Cherbourg, centre@mjc-cherbourg.com, 02 33 53 31 72

dimanche 26 avril 2015

"Je suis fait du bruit des autres"

Sur la photo elle sourit de ce sourire heureux et complice de celle qui a celui qu'elle veut.
C'est le jour de son mariage.
Elle porte un tailleur foncé. Sa mère est morte il y a à peine deux ans. Cette mère qui, dira t-elle plus tard, n'aurait pas voulu de cet homme pour sa fille.
Lui a posé son bras autour de ses épaules et se penche vers elle avec le regard rempli des promesses de bonheur qu'il ne tiendra pas.
Ils ressemblent à deux gamins qui font une farce.
Sur la photo, les entourant, il y a son père à elle, sa tante, sa mère à lui avec son nouveau mari. Ils ont tous l'air sévère, sérieux. Peut être le père pense t-il  à sa femme disparue trop tôt. Il se dit qu'elle aurait su trouver les arguments pour empêcher ce mariage. Pas lui. Il n'a jamais rien refusé à sa fille qu'il a eue si tard et qu'il aime.
La tante, revêche, pas aimable. Difficile d'être joviale quand on porte un œil de verre et un pied bot. Mais elle est là. Elle remplace la mère. Elle est aux côtés de ce beau frère qu'elle aurait voulu pour elle. D'ailleurs elle lui a demandé de la choisir elle mais il a préféré sa cadette, plus jeune, plus jolie, plus gaie. Pourtant ça ne se fait pas d'épouser la cadette avant l’aînée, surtout quand le prétendant a vingt ans de plus. Les parents ont renié puis déshérité cette fille qui épousait un trop vieux. Mais ils ont tenu bon. Un peu comme leur fille qui aujourd'hui épouse ce très beau garçon dont chacun sait qu'il préfère la fête à la vie de famille.
Sa mère à lui, austère, amère : on lui vole son fils chéri. Mais la mariée et son père « ont du bien » comme on dit à l'époque. Son petit sera à l'abri du besoin et qui sait, elle aussi ?
Son nouveau mari qui a remplacé le père de son fils parti parce qu'elle est trop méchante, exigeante et infidèle est, sur la photo, le seul à avoir l'air serein. En fait il est détaché, ailleurs. Il pense à la femme blonde qui l'attend et avec laquelle il partira dans quelques mois. Pour une vie plus belle, plus calme, plus amoureuse.
Sur la photo elle sourit toujours la nouvelle mariée.
Lui a la tête de celui qui se demande pourquoi il est là.
Sur la photo ils ne savent pas qu'un an plus tard naîtra leur fille et que dans quatre ans ils seront divorcés.
Martine
> sur la résidence

mercredi 25 mars 2015

Entre ciel et terre à "Coup de pouce" !

De nouveaux haïkus ont été écrits par les participants de l'atelier d'écriture "Coup de pouce" à Valréas. En voici quelques-uns :


Sur les cols des hautes montagnes
Drapeaux et banderoles
Claquent au vent.
Jean-Pierre Guinard
L’obscurité vient :
Derrière la lune
Le soleil se cache !
Julie Moreno
Le père Hiver agonise
Son fils le Printemps
Va régner
Alain Squividant
Sur mon balcon au printemps
J’ai étendu ma serviette :
Je goûte la chaleur !
Anaïs Pidoux
Juin dans le jardin
Des oiseaux, des enfants
Qui piaille le plus ?
Laurent
Le ciel en furie
Crache des éclairs
Multicolores
Alain Squividant

vendredi 6 mars 2015

Reflets...

Au revoir, sacré lascar

Es-tu déjà venu ici ? Peut-être bien. Peut-être pas. Ce qui est sûr, c'est que tu n'y viendras plus. Quoique. Ton esprit est peut-être déjà là, qui flotte au-dessus des reflets irisés.
Je sens l'odeur du feu, le sable dans les ourlets du pantalon. Tu joues debout parmi les tiens, l'œil brillant, le torse bombé. La nuit a été longue et courte, pleine d'aventures déjà terminées.

J'entends le ressac et ton cœur qui bat. Tu caresses ses cheveux. Elle s'est endormie en travers de toi. Tu n'oses pas bouger. C'est l'heure où les étoiles disparaissent une à une. Tu te noies dans le ciel, essayant de les retenir toutes. Les braises veillent mais personne ne le sait. Pour te réchauffer, tu chantes dans ta tête. Tu joues, tu ris.

J'ai oublié l'avant et l'après. Je n'ai gardé en mémoire que ce studio minuscule, cet évier débordant de vaisselle et cet énorme phallus en céramique rose bonbon qui trônait sur le comptoir derrière ton lit. Nous étions cinq, deux filles, deux garçons et toi, astre solaire qui ne me quittait pas des yeux. J'étais debout, éblouie par cette myriade de coupures de presse, papiers jaunis punaisés à même le mur. Toute ta personne jubilait de voir ma mine ébahie. Les trois autres avaient disparu de notre espace. Je regardais ces photos, je lisais ces articles, je revivais tous ces instants comme si je les avais déjà vécus. Partout ta tignasse et tes yeux fendus. Tu me regardais plonger dans ce passé. Tu étais heureux qu'une jeune gazelle s'intéresse à un vieux briscard comme toi.

Es-tu déjà venu ici ? Connais-tu cette plage ? C'était la préférée de Brassens, m'a-t-on dit. L'as-tu rencontré ? La guitare, la moustache qui frétille au passage d'un jupon.
Ce soir, tes boucles se sont envolées par-dessus les dunes. Elles dansent avec les étoiles et les notes perdues. Cette musique qui ne vit qu'une fois et qui revit sans cesse.
Une vague apparaît, disparaît, laissant la place à ses sœurs.

J'aime la mer, le sable et le feu. Les guitares et les torses bombés. J'aime les nuits plus belles que les jours. Au revoir Manitas.

Florence REY, Valréas
novembre 2014 - écrire à partir d'une photo


Reflet létal

Avais-je bien fait de revenir ?
Je ne saurais dire combien d’années s’étaient écoulées. L’oubli. Essayer d’oublier en croyant fermement que le temps ferait son œuvre.
Seulement les souvenirs finissent toujours par vous rattraper. Vous ne savez pourquoi, un jour, alors que le quotidien aurait dû vous conduire comme chaque matin à éplucher des dossiers que ne désempilent jamais, sans vous prévenir,  vos yeux fixés sur le feu rouge se laissent happer par la longue chevelure d’or d’une fillette qui traverse devant votre véhicule. Le souvenir vous rattrape alors, un souvenir que vous pensiez suffisamment enfoui pour l’avoir à jamais oublié.
C’est ce qui m’est arrivé ce matin de mars. Alors, allez comprendre pourquoi, j’ai bifurqué au premier croisement. Je n’irai pas travailler ce matin.

J’ai parcouru plus de huit cents kilomètres sans m’arrêter. Presque. Une seule petite halte pour le ravitaillement en carburant. Mon seul compagnon de trajet a été l’image d’une longue chevelure blonde qu’emmêlait avec malice l’espiègle Mistral. Allais-je seulement retrouver le sentier où me ramenait mon souvenir ? Allais-je retrouver l’embranchement du chemin ou la forêt l’avait-elle avalé pour en interdire à jamais  l’accès ? L’avait-elle phagocyté pour que jamais ne resurgisse ce passé oublié ? Je ne saurais dire si inconsciemment je l’espérais ou non, si à mon insu je n’échafaudais pas une excuse pour renoncer. Stopper net. Rebrousser chemin. Après toutes ces années, je ne reconnaîtrais certainement plus rien.
Je me suis surpris à constater qu’il n’en était rien. Alors que j’approchais de l’embranchement, l’environnement m’est apparu de plus en plus familier. Des détails même infimes auxquels je n’avais jamais prêté attention trente ans auparavant, surgissaient, se bousculaient, venaient se télescoper à la moindre de mes pensées. J’approchais.

Noyé dans une végétation mal entretenue, du panneau indicateur « ferme Allecq » ne restait plus que le piquet de bois vermoulu qu’aucun automobiliste n’aurait deviné sans en connaître par avance l’existence. Sans prendre la peine de ralentir, j’ai viré sèchement pour m’engloutir dans la partie boisée du sentier, anéantissant d’un coup le piquet, en effaçant toute trace pour l’éternité. La voiture s’enfonçait à vive allure, chassant tantôt à gauche, tantôt à droite, sur un sol boueux que les pluies de la nuit avaient détrempé.
Il avait plu cette fin d’après-midi.  Il pleuvait même encore quand j’abordais le sentier. Les feuilles trempées de pluie laissaient perler d’énormes gouttes qui s’écrasaient en grand « ploc » sur le pare-brise.  J’évitai de justesse un tronc couché en travers du chemin. « Il faudra que j’envisage sérieusement de rendre le chemin plus praticable », pensais-je. J’avais ralenti et je roulais plus prudemment. Les fortes pluies de la veille qui s’étaient abattues sur un sol gorgé d’eau avaient transformé le chemin en patinoire de boue. Je risquais le dérapage incontrôlé ou l’enlisement à chaque ornière.


Des gouttes de sueur perlaient de mon front, de mes tempes. La peur ? Je ne savais ce qui me poussait à poursuivre. J’aurais pu stopper, enclencher la marche arrière, retourner à la case départ, à ce feu rouge où avait flotté au vent cette longue chevelure blonde… La case départ... N’était-ce pas là ?
J’avais réussi à gagner malgré plusieurs dérapages le dernier virage boisé du sentier.

Il était trop tard pour reculer. J’atteignais déjà le dernier virage boisé du sentier. À peine dépassé, un vaste champ colonisé par les hautes herbes et les ronces où se perdait le chemin s’est ouvert devant moi.
À la sortie du virage, une vive lueur rougeoyante d’où s’échappait un énorme panache grisâtre parsemé de braises incandescentes éclairait l’horizon. La bâtisse au lointain flambait. J’avais blêmi et mon pied avait appuyé sur la pédale de l’accélérateur. L’ornière suivante me fut fatale. La roue s’y enfonça, bloquant net l’avant du véhicule, l’arrière chassa, je fus incapable de redresser, la voiture se souleva et en quelques tonneaux se retrouva au milieu du champ de tournesols qui avaient pour la plupart ployé sous le poids de l’eau.

J’ai parcouru quelques mètres avant de freiner doucement pour stopper à l’endroit même où autrefois se dressaient les premiers rangs de tournesols. J’ai ouvert la portière.
Par chance, le dernier tonneau avait laissé la voiture sur ses quatre roues.  J’en étais sorti un peu groggy, plus hagard de voir impuissant l’incendie dévorer la ferme que des chocs et contusions occasionnés par les culbutes du véhicule. Sans réfléchir, j’avais regagné le chemin pour courir droit en direction du brasier ardent en hurlant son prénom.

J’ai posé un pied en dehors du véhicule, je me suis extirpé de la chaleur de l’habitacle et j’ai regardé droit devant. De la bâtisse, il ne restait que quelques vestiges des vieilles pierres qu’on apercevait de temps à autres dans les rares espaces que la végétation avait  épargnés. J’ai marché quelques pas dans ce qui semblait être jadis le chemin qui menait à la ferme. Quelques pas seulement. Ce devait être pas là. Là.  J’ai cherché du regard à retrouver l’endroit. Comment pourrais-je le retrouver ? Ce n’était pas possib… Je suis resté immobile. Non. Non… Ce n’était pas possible. J’ai senti mon cœur s’arrêter, ma bouche s’assécher, mon souffle se figer. Comment était-ce possible ? Malgré la pluie qui était tombée peu de temps avant, la terre avait tout absorbée, tout… excepté à quelques mètres de mes pieds. Une flaque d’eau s’étendait. Une flaque d’eau, là…  précisément là.

La pluie cinglait, je courais droit devant, j’avais à peine parcouru quelques mètres, je heurtai quelques chose et m’affalai de tout mon long. Je me redressai aussitôt tant bien que mal, machinalement je tournai la tête vers la raison de ma chute. Je l’aperçus alors.  Etendue, la jupe relevée au dessus de ses hanches, la tête plongée dans une flaque d’eau où  ses longs cheveux blonds flottaient. Je me jetai sur elle, relevai son visage. Je n’oublierai jamais son regard vide, jamais. Mes hurlements se perdirent dans le grondement de l’orage qui éclata au même moment.

J’ai parcouru les quelques mètres qui me séparaient de la flaque. Je m’y suis agenouillé au bord, j’ai laissé les larmes venir. L’eau reflétait le branchage d’un arbre mort. Triste coïncidence. Quelques ridules que le vent formait serpentaient à la surface de l’eau. Un semblant de vie. Pourquoi avais-je fait tous ces kilomètres ? J’allais me redresser quand brusquement j’ai cru entendre mon prénom. On m’appelait. Non… pas on. Elle. Elle m’appelait. Devenais-je fou ?

J’ai tendu l’oreille, la voix se faisait plus proche. On aurait dit qu’elle provenait de… non ! Je divaguais. Pourtant je l’entendais. Alors je me suis penché au-dessus de la flaque. Elle m’a renvoyé un visage vieilli que je ne reconnaissais plus. Le temps y avait laissé ses traces. Au moment où j’allais détourner mon regard mon reflet s’est troublé pour se brouiller totalement. Je suis resté un moment suspendu au dessus de l’eau sans vraiment comprendre ce qui arrivait. Quand petit à petit s’est redessiné le reflet, seulement, ce n’était plus moi. Je l’ai vue, elle. Elle était là, au fond de la flaque, elle me regardait,  elle m’appelait et tendait sa main vers moi. J’ai tendu ma main vers la sienne pour l’attraper. Nous nous tenions la main comme autrefois. J’ai souri.  Je me suis penché plus en avant et j’ai plongé la tête pour l’embrasser.
Ensuite, je ne sais plus. La seule chose que je sache, ce sont ces mots lus dans les faits divers d’un quotidien du cru.


« Jeudi 22 mars. Jacques Bredouille et Daniel Lelièvre, deux chasseurs de Goudargues, ont découvert à quelques mètres d’une voiture dont le moteur tournait encore,  portière conducteur ouverte, le corps sans vie d’un homme. D’après les premiers constats de gendarmerie, l’homme, encore non identifié, a été retrouvé à genoux, la tête baignant dans une flaque d’eau, la main entièrement enfoncée dans le fond boueux. Aucune marque de violence apparente. L’homme serait mort noyé. Le mystère demeure. L’enquête continue. »