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dimanche 31 janvier 2021

Chantier Hopper

Avec les étudiants en CPES (Cycle Préparatoire Etudes Supérieures) Théâtre du Conservatoire de Saint-Germain en Laye, on s'interroge sur le processus d'écriture d'une pièce de théâtre...

Qu'est-ce qu'une pièce de théâtre, au fond ? Comment a évolué le texte de théâtre depuis la fameuse règle des trois unités du Grand Siècle, suivie des montées de sève révolutionnaires, et puis du romantisme, du naturalisme, du symbolisme, du théâtre de l'absurde de l'après-guerre, du renouveau dramaturgique des années 80, de l'éclatement des formes ces dernières années ? Qu'est-ce qui fait qu'un texte est un texte de théâtre ?

On s'est interrogé sur les personnages, les situations... On a été chercher des balises du côté d'Alain Knapp et de Michel Vinaver, on a lu et discuté autour de certaines de mes pièces (Lisolo, Hérodiade...), sur ce que ça ouvrait comme possibles, et puis on s'est lancé...

En guise de "pré-texte", l'univers d'Edward Hopper. Des monologues ont surgi.

De ces monologues, des personnages, et puis un lieu, une situation. Un synopsis. Un déroulé. Des dialogues. En quelques demi-journées, grâce à une remarquable capacité des étudiants à faire groupe, à jouer collectif, à accepter la règle du jeu en forme de palimpseste, une pièce a surgi.

Une pièce singulière, à la fois pièce-paysage et pièce-machine, dramatique et comique, ancrée dans l'actualité et la débordant largement.

Elle sera jouée par les élèves, dans une mise en scène d'Isabelle Mestre, le 17 avril, salle Jacques Tati, Saint-Germain en Laye.

> Laurent Contamin

samedi 12 janvier 2019

Rendez-vous au jardin

Avec la compagnie Cela Dit, un programme ambitieux d'éducation artistique et de sensibilisation à la création autour de la ville des Mureaux (78), pour écrire, jouer, représenter, créer - texte, musique, chant, percussions, théâtre... - autour de la thématique du jardin, avec le soutien de la communauté de communes Grand Paris Seine & Oise.

On rêve à un jardin idéal. On le fait comment ? On y trouve quoi ? Qu'est-ce qui s'y passe ? Qu'est-ce qui s'y joue, saison après saison ?

Une co-construction avec des jeunes de 7 à 77 ans. Un premier rendez-vous les 12 et 13 février à la Nacelle d'Aubergenville autour de mon texte Le Jardin (Il est interdit aux Poissons de grignoter les Pieds des Tortues), mis en scène et en musique...

Et le samedi 6 avril aux Mureaux (lieu et horaire à définir), spectacle de restitution de ces semaines placées sous le signe de la botanique. Toutes les infos à suivre au fur et à mesure sur mon site.

> Il est interdit aux Poissons de grignoter les Pieds des Tortues

samedi 17 décembre 2016

Atelier de création radiophonique en milieu scolaire

A l'école d'Aureilhan, dans les Landes, nous avons adapté, pour la radio, trois passages de l'album illustré Les derniers Géants, de François Place. Il nous a fallu nous immerger dans les dessins afin d'imaginer les personnages et leurs dialogues, mais aussi les atmosphères sonores...
Nous avons choisi comme scènes :
- le départ d'Archibald
- Archibald découvre les empreintes géants
- dialogue entre les géants et Archibald.

En février, avec la réalisatrice Nicole Marmet, les CM1-CM2 passeront du métier d'auteurs à celui de comédiens, bruiteurs et réalisateurs... La pièce sonore ainsi créée sera prête à diffuser au printemps.

Une belle opération proposée et pilotée par l'association Les Griottes. En parallèle, la résidence d'écriture permet l'adaptation radiophonique et la réalisation de ma pièce Lisolo.

mardi 8 mars 2016

Suite (et presque fin) du Labo-Drama

... Suite à notre première rencontre de novembre (> en savoir plus), nous nous sommes revus, durant le dernier week-end de février, avec la dizaine de participants du Labo-Drama de Cherbourg, sous l'égide de la MJC et du festival Les Téméraires...

On a cogité, synthétisé, imaginé... construit, déconstruit... élagué, étoffé... afin de préciser quelques questions dramaturgiques fortes (la situation, les enjeux, le statut des personnages, pièce paysage/pièce machine, le contexte...).

On a commencé à imaginer un espace pour la pièce, un rythme, on s'est mis le texte en bouche, on l'a écouté sonner... On a remis l'oeuvre sur le métier pour le polir encore, l'affiner, l'ajuster, le préciser, le clarifier...

A l'arrivée, une très belle pièce d'environ 40 minutes, qui sera lue en public par les écrivants eux-mêmes, en mai prochain, lors du festival Les Téméraires. Prenez date !

Au-delà de ce "fruit" qu'aura donné cette série d'ateliers et de
rencontres autour de l'écriture dramatique, et la satisfaction d'avoir réussi à écrire à plusieurs (ce qui n'est jamais facile), c'est surtout le chemin que cela aura fait faire à chacun qui compte : qu'est-ce qu'une pièce de théâtre ? Qu'est-ce que ça veut dire, "faire théâtre" ? Quels sont les possibles et quelles sont les contraintes de l'écriture dramatique ? Et aussi : d'où viennent les idées ? comment avancer dans l'écriture ? comment favoriser l'inspiration ? où et comment chercher ?
> étape précédente (novembre)
> MJC Cherbourg

lundi 4 novembre 2013

La sente du théâtre contemporain


Avec Anne Mazarguil, Violaine de Carné et Delphine Lalizout, ateliers de création originaux à l'hôpital Jean Jaurès, Paris 19ème, qui font se succéder inspiration olfactive, écriture et mise en scène, avec les patients.

Extrait d'une des saynètes produites :

.../... A : Tu m’inquiètes. Dis-moi que tu blagues, ou que je rêve, ou que…
B : Tu peux monter, si tu veux.
A : Mais… Et la maison…
B : Quelle maison ?
A : Comment ça quelle maison ?
B : Il n’y a plus de maison. Les meubles ont disparu. On voit encore leur trace dessinée sur les papiers peints décatis. Aux murs, les tableaux, les miroirs ont laissé leur contour de poussière. Leur empreinte vide.
A : Oui… Je vois ça très bien : grandes et hautes pièces fascinantes, moulures d’un autre âge, grisaille des plafonds, vitres cassées, chiendent… Dehors, la vigne vierge a envahi les murs. C’est une bâtisse abandonnée…
B : Tu vois bien. Il suffira d’installer un filet, là, qui reliera notre arbre à ce chêne. Ce sera notre lieu de vie. On sera très bien, ici.
A : Mais qu’est-ce qu’on fera à part observer la flore, les feuilles, les fourmis, les éphémères, les chenilles, les… enfin tout le… comment on appelle ça…
B : L’écosystème.
A : Oui voilà : l’écosystème. On va observer l’écosystème et après ?
B : On prendra des notes, des mesures. On protégera les espèces menacées. On sécurisera les nids. On éloignera les rapaces. On fera peur aux hiboux. On fera de l’élevage de vers à soie. On remplira des tableaux, des graphiques, on vivra de l’air du temps.
A : L’air du temps.
B : L’air du temps, parfaitement : je mettrai un panneau : « L’air du temps ». ça change de « Do mi si la do ré », « Home sweet home », « Mon plaisir » ou  « Sans souci ». L’air du temps : voilà notre lieu de vie. Alors tu montes ou tu restes ?
.../...

> Laurent Contamin

vendredi 17 août 2012

Réduction

Un roman de 500 pages réduit à... une page. Exemple d'une écriture collective (5 adultes), dans le cadre d'un atelier mené à la médiathèque de Cormontreuil (Marne), en novembre 2011 :
(c) Laurent Contamin

"Au commencement de ma vie, ma scolarité fut marquée par un jugement récurrent qui devait la symboliser : Peut mieux faire.

J’aimais trop vagabonder dans les environs du village et surtout dans les souterrains du vieux château fort.

Jusqu’à mon treizième anniversaire.

Cette année-là en effet, Charles-Arthur vint habiter en face de chez moi et fréquenta assidûment notre maison.

Il m’ouvrit à l’archéologie.

Ce fut pour moi une rencontre déterminante ; cet homme m’avait réconcilié avec moi-même en posant sur moi un regard bienveillant, en transformant mon défaut de vagabondage en qualité d’explorateur et de découvreur du passé.

A ses côtés, je me sentais grandir de jour en jour.

Notre différence d’âge a toujours été un souci pour lui. Pas pour moi.

Il était mon modèle et j’ai réussi grâce à lui.

Me voici à présent à l’orée de ma retraite, assez fier du déroulement de ma vie, car je lis sur le carnet de notes de ma petite fille : Excellent travail, réussira !

J’ai la prétention alors de penser que Charles-Arthur n’est pas pour rien dans ces quelques mots."


Un recueil avec l'ensemble des textes écrits par les participants est tenu à la disposition du public à la médiathèque de Cormontreuil (51)

lundi 3 octobre 2011

textes individuels/collectifs, groupe podo, lycée d'Alembert, Paris, 2009

A l’intérieur de moi il y a
L’envie de dormir
De partir en vacances
L’envie de gagner l’amour
Manger un Mac Fleury et des sushis
Bronzer
Voir des potes
L’envie d’être dans mon lit
Voyager au Bahamas
Voler dans l’espace
Faire du shopping
Envie de chanter, rapper
M’échapper du lycée
M’éclipser… de douceur
Prendre un bain
Vivre
Respirer



Il y a des pulsions à l’intérieur de moi
L’envie d’acheter un nouvel oreiller
De gagner de l’argent
L’envie de réussir mon CAP
Etre de l’or
Il y a des poumons, de l’électricité, l’océan Atlantique
Etre le président
Je ressens de la fatigue, du stress
Je me sens mieux depuis que y a du soleil
L’envie d’être demain comme ça le temps passe plus vite
Que la vie soit plus simple

Il y a la peur de perdre quelqu’un
Il y a la peur de perdre de l’argent
Il y a la peur de se retrouver à la rue
Il y a personne à l’intérieur de moi
Ou sinon il paye le loyer
Il y a Mister You à l’intérieur de moi
Tout le monde a une deuxième partie, un deuxième visage
Les autres ils nous regardent pas pareil que quand on se regarde dans une glace

On est fait de sang, de globules rouges
De globules blancs
Des flammes de l’enfer
Il y a le bien et le mal
De la vie, de l’espoir et la mort
J’ai tout donné là, c’est bon.




C., S., V., M., S., I., 29 mai 2009





Hier j’ai rencontré une fille qui, avec ses
Courbes généreuses, avait l’air amoureuse
Ses cheveux fins comme de la soie, et ses yeux revolver brillaient comme de la braise, nous
Consumaient peu à peu, lors de ce court instant où nous étions deux, deux corps presque
En fusion, envahis par la passion, le fruit de
L’envie nous envoûtait, sans y goûter, ce fruit défendu qu’on appelle l’amour.



R., 27 mars 2009



Je m’installe, écran tout neuf à peine sorti
Du carton, que la beauté des pixels était optionnelle
Pour une partie de jeux vidéo en ligne.

Je m’équipe d’armes d’assaut utilisées pour une
Mission d’attaque du camp ennemi, tout comme

La guerre des tranchées pendant la 2ème guerre
Mondiale : armé jusqu’aux dents.



Y., 27 mars 2009

Les mangas

Le dessin est unique, on se croirait
Vraiment dans le manga. Le sentiment
Des personnages est vraiment touchant
Qui marque le lecteur et qui fait
Apprécier au lecteur. Qu’importe le
Manga, tous les mangas sont uniques
En leur genre. Le sens est unique le
Sens est contraire au sens de la lecture
Française ce qui le rend plus unique.



C., 27 mars 2009


Beauté

Moi qui ai porté ma petite
Sœur en premier
Si petite si légère,
Son odeur sucrée
Me reste inoubliable.


S., 27 mars 2009


J’aime les YZ 125 pour la
Rapidité, la puissance, la forme du
Moteur, j’aime toute la moto,
J’aime l’effet du vent sur la moto.



M., 27 mars 2009


vendredi 7 août 2009

texte collectif 2, groupe ortho, lycée d'Alembert, Paris, 2009

A la fin de l’année scolaire, une nouvelle page commence
Fier de mes études, je sortirai dans le quartier avec les copains
Je rentrerai chez moi pour voir Laguna Beach

J’irai en boîte, en colonie et à Disneyland, à Paris-Plage et à la plage
Je sortirai en amoureux voir le coucher du soleil –

J’irai sur la plage en Espagne
Et puis j’irai au Maroc
Et voir ma grand-mère au Sénégal –

Le jour de la sortie j’observerai une dernière fois le lycée avant de partir
J’éprouverai du soulagement
Je serai content de partir en vacances.

D., A., L., C. et Z., 26 mai 2009

texte collectif, groupe ortho, lycée d'Alembert, Paris, 2009

A l’intérieur de moi, il y a la plage
et de la nostalgie me vient en pensant à toi
Bouba
A l’intérieur de moi, il y a un collier en forme de cœur que mon copain m’a offert

Il y a un ordinateur à l’intérieur de moi
Il y a un jardin au Sri Lanka
Il y a un cinéma, de la joie
et Lassana
Il y a de la jalousie, en pensant à Merkyss

In my heart, there are the States
Inside of me,
il y a de la haine
et Athem

A l’intérieur de moi, il y a le désir de boire un Starbuck bizarre à Sphax
A l’intérieur de moi, il y a mon phone si je l’ai pas je meurs.

H., C., E., M., O. et S., 26 mai 2009