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jeudi 28 mai 2026

Hackaton à Grenoble

C'est reparti pour une nouvelle édition du hackathon en littérature de jeunesse, à l'Université Grenoble-Alpes, en octobre 2026 !

Recherches, méthodes et actions en littérature de jeunesse. Pendant une semaine, les étudiant.e.s sont encadré.e.s par des praticiens et des chercheurs en littérature de jeunesse.

Présentation en vidéo des précédentes éditions : 


mardi 13 janvier 2026

Studio JLMB

Très heureux d'avoir pu rencontrer les étudiant.e.s de l'école de théâtre Studio JLMB (groupe 24), afin d'échanger sur l'écriture dramatique et accompagner chacun.e dans le démarrage de l'écriture de "sa" pièce. C'est sans conteste intéressant et important, pour de futur.e.s comédien.ne.s et/ou metteur.se.s en scène, de se mettre, ne serait-ce que quelques heures, à la place de l'auteur, "de l'autre côté du stylo", pour mieux appréhender sa recherche et son geste. Merci à chacune et chacun, merci à l'équipe enseignante pour sa confiance, à Lilas en Scène pour son accueil. Bonne continuation !

lundi 9 juin 2025

Atelier Pop Up avec Cassini

Un léger pas de côté, avec cet atelier pas vraiment "d'écriture" au sens propre du terme, mais en tout cas d'apprivoisement d'un livre, et de sensibilisation à l'illustration, par la réalisation d'une carte pop up :

Voilà ce qu'a proposé, les 7-8 juin, durant le festival Divers et d'Eté, le réseau de bibliothèques La Butinière, de Clermont (60).

La recette de cet atelier personnalisé (compter environ 20 mn par participant.e, plusieurs pouvant cependant travailler en parallèle) est simple : 

A l'aide d'une machine (conçue et fabriquée par un fablab local), chaque participant.e peut se voir attribuer une phrase aléatoire d'un livre (photo 1). En l'occurence, il s'agissait ici de mon roman Mission Cassini, écrit sur le territoire concerné (photo 2).

Grâce à un support carré pré-plié et pré-découpé, à des multiples chutes de magazines, de cartes routières, ou de livres "pilonables" - en lien, de près ou de loin, avec les thématiques proposées par le livre de référence), avec aussi, si on veut, des tampons encreurs, des autocollants, du fil, des gommettes, des feutres... bref, ce qu'on veut, chaque participant.e construit sa carte popup, inspirée par la phrase qu'il s'est vu.e attribuer (photo 3).

Pour les plus jeunes, on peut être là pour aider à orienter vers les bonnes bases d'images, ou pour les découpages. Chaque participant.e repart avec sa carte pop up à exposer ou à offrir...

> Laurent Contamin

> Mission Cassini
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jeudi 7 novembre 2024

Un hackaton en littérature jeunesse

Merci à la faculté H3S de l'Université Grenoble-Alpes de m'avoir convié à co-animer un hackaton en littérature jeunesse.

De quoi s'agit-il ? Quelques apports théoriques sur la création et la médiation (écriture, illustration, oralité) dispensés par Arnaud Boutle, Clémentine Beauvais et moi-même, puis des petits groupes d'écriture ou d'illustration, qui présentent leur démarche et l'aboutissement de leur semaine créative.

De quoi s'émerveiller !

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mardi 27 août 2024

A la cité internationale de la langue française

Merci au Labo des Histoires et à la Protection Judiciaire de la Jeunesse de nous avoir donné l'opportunité, une dizaine de jeunes et moi, de visiter la belle Cité internationale de la Langue française de Villers-Cotterêts dans l'Aisne, et de jouer avec les mots, le temps d'un atelier d'écriture !

mercredi 21 juin 2023

Le labo des histoires

Initiés par le Labo des Histoires et accompagnés par la médiathèque départementale de l'Oise, deux séries d'ateliers, l'une avec des collégiens en SEGPA (Section d'enseignement général et professionnel adapté), l'autre avec des lycéens en Institut Médico-professionnel ont permis de sensibiliser les participants à l'écriture créative, de manière ludique et conviviale.

Chaque atelier était relié à la médiathèque la plus proche, et à la présentation des livres labellisés "'Facile à Lire". A la médiathèque de Gouvieux, lors du dernier atelier, a été inauguré le meuble "Facile à Lire" construit, en section habitat, par les collégiens eux-mêmes !

> Laurent Contamin

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dimanche 31 janvier 2021

Chantier Hopper

Avec les étudiants en CPES (Cycle Préparatoire Etudes Supérieures) Théâtre du Conservatoire de Saint-Germain en Laye, on s'interroge sur le processus d'écriture d'une pièce de théâtre...

Qu'est-ce qu'une pièce de théâtre, au fond ? Comment a évolué le texte de théâtre depuis la fameuse règle des trois unités du Grand Siècle, suivie des montées de sève révolutionnaires, et puis du romantisme, du naturalisme, du symbolisme, du théâtre de l'absurde de l'après-guerre, du renouveau dramaturgique des années 80, de l'éclatement des formes ces dernières années ? Qu'est-ce qui fait qu'un texte est un texte de théâtre ?

On s'est interrogé sur les personnages, les situations... On a été chercher des balises du côté d'Alain Knapp et de Michel Vinaver, on a lu et discuté autour de certaines de mes pièces (Lisolo, Hérodiade...), sur ce que ça ouvrait comme possibles, et puis on s'est lancé...

En guise de "pré-texte", l'univers d'Edward Hopper. Des monologues ont surgi.

De ces monologues, des personnages, et puis un lieu, une situation. Un synopsis. Un déroulé. Des dialogues. En quelques demi-journées, grâce à une remarquable capacité des étudiants à faire groupe, à jouer collectif, à accepter la règle du jeu en forme de palimpseste, une pièce a surgi.

Une pièce singulière, à la fois pièce-paysage et pièce-machine, dramatique et comique, ancrée dans l'actualité et la débordant largement.

Elle sera jouée par les élèves, dans une mise en scène d'Isabelle Mestre, le 17 avril, salle Jacques Tati, Saint-Germain en Laye.

> Laurent Contamin

vendredi 16 août 2019

Démarrer, poursuivre, conclure...

Pour faire écrire une courte nouvelle, en atelier d'écriture, Microfictions de Régis Jauffret (Folio) est une mine.

On peut donner quelques incipit et demander au participant de poursuivre. Exemples de premières phrases empruntées à Jauffret :

Arrête de pleurer. Je ne te tuerai pas ce soir. …/…
J’ai escaladé la façade de l’immeuble comme une paroi rocheuse.
Vous demanderez à quelqu’un d’enlever les pitons, …/…

La ville dort, la ville rêve, la ville s’illumine soudain comme on se réveille en sursaut au milieu d’un cauchemar. La ville où vous êtes né, …/…

Samedi dernier, nous avons acheté en promotion un réfrigérateur assez grand pour …/…

J’ai l’habitude de quitter mon mari en pleine nuit. Quand il dort. …/…

Nous nous sommes rencontrés dans un attentat, alors que par hasard nous partagions le même wagon de métro …/…

- Sandrine, je n’ai pas à me plaindre de votre travail, mais de votre physique ».
Vous prétendez être coupable d’un crime. Mais vous n’avez plus aucune idée de qui est la victime.
Je suis né, il le fallait bien, et je n’ai rien pu faire pour m’empêcher d’atteindre l’âge de 41 ans d’où je vous parle aujourd’hui perché comme un pingouin sur un morceau de banquise.
(ad lib...)
On peut ajouter une contrainte (par exemple : n'écrire que 15 phrases... écrire entre 15 et 30 phrases, etc...).
On peut aussi inverser la proposition et demander aux participants d'écrire une liste de "premières phrases"... qui peuvent servir ensuite, à la manière d'un cadavre exquis, à d'autres participants, pour poursuivre...

Enfin, ce qui est, chez Jauffret, une phrase de début peut être proposée aux participants comme la phrase de conclusion de la nouvelle qu'on leur proposera d'écrire...

dimanche 9 juin 2019

ESPE

Les Ecoles Supérieures du Professorat et de l'Education forment les futurs enseignants des écoles primaires et secondaires.

Deux expériences significatives cette année : avec l'ESPE de Créteil, une rencontre à l'Astrolabe de Melun autour de la mise en voix, en son, en corps - de l'écriture pour la jeunesse. Certains étudiants ont travaillé notamment sur mon texte Il est interdit aux Poissons de grignoter les Pieds des Tortues (ed. D'Ici et d'AilleurS) et sa réalisation graphique et contée en kamishibaï.

A Dijon, à l'Université de Bourgogne, ce n'est pas moins de 10 intervenants (clown, marionnettes, danse, linogravure, photographie, théâtre, percussions...) qui ont sensibilisé les futurs enseignants du secondaire à leur discipline artistique.

Me concernant, nous avons envisagé ensemble les possibles pistes, avec une classe de collège ou de lycée, d'ateliers d'écriture, qu'on enseigne les lettres, ou une langue, ou la musique, les sciences physiques... Merci à Christian Duchange et à la Minoterie pour l'organisation impeccable de cette journée très dense, et enrichissante pour tout le monde.

mercredi 4 mai 2016

Au conservatoire de Clamart

Avec des élèves de cycles 2 et 3, encadrés par Pascale Cousteix : la main à la plume... écrire l'ébauche d'un monologue théâtral... Qui sera le prochain Jean-Luc Lagarce, la prochaine Denise Bonal ?


jeudi 11 février 2016

TFTA Créteil


Dans le cadre du Temps Fort du Théâtre Amateur proposé par le service culturel de la ville de Créteil en janvier-février 2016, une multiplicité de propositions qui tissent des liens intéressants entre les quartiers, les générations, les pratiques...

Ateliers d'écriture "intensive" du week end pour les adultes, ateliers davantage orientés "découverte" en semaine, il y en avait pour tous les goûts.
Ainsi des ateliers d'écriture proposés dans les MJC (Madeleine Rébérioux, Club, Village, La Haye aux Moines) ou des théâtres de la ville (Casalis, Côteaux du Sud), d'une formation à l'écriture dramatique proposée aux médiathécaires (en lien avec l'association Postures) - médiathécaires qui ont construit un montage de mes textes, et en ont magnifiquement pris en charge la lecture en public...

Last but not least, une restitution des textes écrits par les participants des ateliers du week end : rendez-vous au Conservatoire Marcel Dadi de Créteil le dimanche 14 février de 16h à 18h.

> écouter un extrait

mardi 12 août 2014

Atelier ados-adultes 2014/2015

D'octobre 2014 à juin 2015, j'animerai un atelier d'écriture à la Bibliothèque municipale de Senlis (60), Place Saint-Pierre.

A raison d'une fois par mois environ, les samedis après-midis de 14h30 à 17h, ces ateliers ados-adultes sont ouverts à tous, dans la limite des places disponibles. L'assiduité est une condition essentielle pour participer à l'atelier.

Une présentation finale d'extraits des travaux écrits sera proposée en juin, à l'issue de la série d'ateliers.

Renseignements et inscriptions au 03 44 32 04 04. Une réunion d'information et de présentation est proposée le samedi 20 septembre à 14h30, à la Bibliothèque.

Ce sera l'occasion de faire plus ample connaissance et de préciser les directions d'écriture pour ces séances.

> Laurent Contamin
> voir le blog dédié

jeudi 20 mars 2014

Retour d'expérience : accompagnement en écriture

 L'Esperluette est un collectif associatif qui regroupe, Porte de Pantin à Paris, des compagnies de théâtre, des structures de production, des comédiens, des auteurs, des metteurs en scène...

A deux reprises, L'Esperluette m'a demandé de proposer à ses membres un accompagnement en écriture avec des temps collectifs alternés avec un coaching individuel, afin d'aider à l'avancée des projets personnels de chacun.

Il s'agissait généralement d'écriture théâtrale, et l'idée était de "mettre le pied à l'étrier". Certains des projets ont abouti à des créations (Givre, de Christine Spranger, par le Théâtre du Petit Matin, mise en scène à Evreux, L'Encens et le Goudron, de Violaine de Carné, par la compagnie Le Tir et la Lyre, en Avignon...).

J'ai également proposé à mes quatre compères auteurs du G5 d'animer un autre atelier d'écriture, toujours à destination de ce public sensibilisé au théâtre, afin d'avancer ensemble sur l'écriture d'une pièce écrite à partir d'articles de journaux. Chaque participant au stage passait deux jours avec chacun des auteurs du G5.

Cette "écriture du quotidien", c'est aussi ce que j'ai proposé, en 2012, à un petit groupe d'usagers de la bibliothèque de Cormontreuil (51), durant des rencontres régulières, le temps d'un automne.

J'essaye toujours, lors de ces sessions, de veiller à ce que l'écriture ne soit pas uniquement cérébrale mais reste connectée au corps (nous commençons par un échauffement, nous passons de l'écrit à l'oral...), de ne pas séparer l'activité d'écriture de celle de la lecture dans un va-et-vient curieux et gourmand avec des auteurs ayant un rapport avec le projet d'écriture, et enfin de décloisonner les types d'écriture (poésie, théâtre, récit, nouvelle, journal...), encourageant l'écrivant à se jouer des cases et des genres pour toujours mieux affirmer sa propre parole.

lundi 4 novembre 2013

La sente du théâtre contemporain


Avec Anne Mazarguil, Violaine de Carné et Delphine Lalizout, ateliers de création originaux à l'hôpital Jean Jaurès, Paris 19ème, qui font se succéder inspiration olfactive, écriture et mise en scène, avec les patients.

Extrait d'une des saynètes produites :

.../... A : Tu m’inquiètes. Dis-moi que tu blagues, ou que je rêve, ou que…
B : Tu peux monter, si tu veux.
A : Mais… Et la maison…
B : Quelle maison ?
A : Comment ça quelle maison ?
B : Il n’y a plus de maison. Les meubles ont disparu. On voit encore leur trace dessinée sur les papiers peints décatis. Aux murs, les tableaux, les miroirs ont laissé leur contour de poussière. Leur empreinte vide.
A : Oui… Je vois ça très bien : grandes et hautes pièces fascinantes, moulures d’un autre âge, grisaille des plafonds, vitres cassées, chiendent… Dehors, la vigne vierge a envahi les murs. C’est une bâtisse abandonnée…
B : Tu vois bien. Il suffira d’installer un filet, là, qui reliera notre arbre à ce chêne. Ce sera notre lieu de vie. On sera très bien, ici.
A : Mais qu’est-ce qu’on fera à part observer la flore, les feuilles, les fourmis, les éphémères, les chenilles, les… enfin tout le… comment on appelle ça…
B : L’écosystème.
A : Oui voilà : l’écosystème. On va observer l’écosystème et après ?
B : On prendra des notes, des mesures. On protégera les espèces menacées. On sécurisera les nids. On éloignera les rapaces. On fera peur aux hiboux. On fera de l’élevage de vers à soie. On remplira des tableaux, des graphiques, on vivra de l’air du temps.
A : L’air du temps.
B : L’air du temps, parfaitement : je mettrai un panneau : « L’air du temps ». ça change de « Do mi si la do ré », « Home sweet home », « Mon plaisir » ou  « Sans souci ». L’air du temps : voilà notre lieu de vie. Alors tu montes ou tu restes ?
.../...

> Laurent Contamin

samedi 6 avril 2013

CLEA

En 2012/13, j'ai écrit et fait écrire, à Colombes, dans le cadre d'un Contrat Local d'Education Artistique (CLEA).   On retrouvera sur le blog dédié plusieurs textes des jeunes (et des moins jeunes, puisque la population touchée, sur le territoire, allait de 7 à 77 ans), ainsi qu'un aperçu des différentes actions menées, autant en temps scolaire qu'hors temps scolaire.

Financée par la Ville de Colombes, la Direction régionale des Affaires Culturelles d'Ile-de-France, le Conseil Général des Hauts-de-Seine et l'Inspection Académique de Versailles, cette résidence-mission a eu pour objet de faire partager aux enfants et aux jeunes Colombiens ma démarche créatrice, à la fois en rendant visible et accessible mon oeuvre (mise à disposition des livres dans les médiathèques, séance de signatures en librairie, programmation de spectacles - Tobie, Le Jardin...), et en créant ensemble. C'est ainsi que plusieurs projets ont été menés, comme l'écriture de formes poétiques courtes, la réalisation d'une pièce radiophonique, la création d'une pièce de théâtre... La plupart de ces projets ont pu mettre en synergie des partenaires divers sur le territoire (y compris dans des domaines autres que le culturel ou l'éducatif stricto sensu : l'environnement, le sport...) et ont permis de ce fait des partenariats inédits et singuliers, des brassages, des rencontres... comme autant de chemins de traverse.

Toutes les infos > blog
Laurent Contamin

jeudi 13 décembre 2012

L'écriture mode d'emploi


D'octobre à décembre 2012, avec des étudiants de l'ENASS (Ecole Nationale des Assurances), nous avons construit peu à peu une "maison texte" en commençant par accumuler du matériau, comme autant de briques textuelles :
- A partir des lieux de l'enfance de chacun d'abord, un inventaire le plus exhaustif possible, puis à partir de l'un de ces lieux, un récit autobiographique...
- Puis à partir de reproductions d'Edward Hopper mettant en jeu des lieux d'habitation, des personnages... En faisant marcher ses cinq sens... Laisser venir un début de situation dramatique (comme le propose si justement Alain Knapp dans son ouvrage AK, une Ecole de la Création Théâtrale) ;
- A partir d'un article de journal également, imagination d'une mise en jeu théâtrale en choisissant un point de vue subjectif : dialogue, monologue... et pourquoi pas, dans un deuxième temps, la proposition d'une forme poétique en contrepoint ;
- D'autres matériaux aussi, construits à partir d'odeurs (à la manière des Parfums de Philippe Claudel) ou de moments significatifs, liés à des lieux précis de notre histoire ("Où étiez-vous le 11 septembre 2001 ?").

Peu à peu des lieux, des temps, des protagonistes émergent...

Et en faisant se rencontrer les textes, on peut leur assigner les pièces d'une maison, à la manière de Georges Perec dans sa Vie Mode d'Emploi. C'est un travail d'ordonnancement un peu fastidieux, comme le montrent ces images... Mais en quelques heures, on peut, en imaginant des liens entre les personnages, les faire se rencontrer dans cette maison, sur une durée de 24 heures. Pas mal d'élagages, des transformations, pour qu'à l'arrivée le texte produit nous mène au seuil d'une fiction : de toute cette construction, une histoire commence à naître.

Laurent Contamin

vendredi 6 avril 2012

Vers où va le vert ?

Un atelier que j'ai mené au Théâtre Canter de Saint-Denis de la Réunion avec les compagnons du Théâtre du Grand Marché, en 2008 : merci à Cécile, Vaite, Marie, Auaco et Vincent (Fontano) qui ont écrit un très beau texte choral à partir de nos séances d'atelier, intitulé "Vers où va le vert ?", et qui commence ainsi :


VAITE : La lune apparaît
Les champs endormis
Se colorent de vert.

VINCENT : D’abord, il y a un champ de cannes immense et vert qui respire à chaque passage du vent. Puis il y a une rivière qui murmure. Il y a une route silencieuse car elle est seule. Et surplombant le tout, une vieille porte en bois qui grince. Une vieille porte en bois que l’on n’a pas eu le temps de peindre, ni de poncer, une vieille porte en bois qui regarde mais que l’on ne regarde pas. Derrière cette porte, il y a moi. C’est une porte à battants. Enfant, je me disais que ce nom devait lui venir du bruit sourd et sec qu’elle faisait en se cognant au vent. Le bruit d’une claque rapide et violente. Du genre que l’on donne aux gens trop curieux. Trop curieux de voir ce qu’il y a après cette porte-là, après cette porte il y a moi. Derrière ma porte, je regarde la nuit habiller le monde. Le champ de cannes s’essouffle et la rivière semble vouloir parler. Je ferme la porte. Pas de serrures, pas de clefs, pas de cadenas qui protège l’entrée. Juste un bout de bois. Un bout de bois allongé : le battant. Il maintient les deux volets. Au pied de ma porte, des mites invisibles ont fait festin ; elles l’ont rongée, ma porte. Si bien qu’en étant attentif, on voit la lune laisser traîner sa main. Là, allongé sur mon lit, je surveille la lune. Plutôt les ombres qu’elle dessine. Savent-elles que je suis là ? Je ne les entends pas marcher mais je les vois, les ombres traversent la lumière lunaire ; au pied de ma porte, assis en tailleur, je ne dors pas, j’attends. Si elles essaient d’entrer, je sais que ma porte ne se donnera pas, pas comme ça. C’est une porte battante, elle se battra, elle me défendra, elle sait qu’après elle il y a moi.

VAITE
La porte d’entrée de la maison de mes grands-parents le jour où mon oncle est rentré déguisé en Père Noël / la porte d’entrée de la chambre funéraire /  la porte des vestiaires à la piscine l’été / mon père derrière la porte de la maison /  les portes cassées de mon frère /  la porte de la voiture qui claque sur les doigts /  la porte du train qui se ferme /   la porte du train qui s’ouvre / la porte du lycée où je me suis appuyée...

.../...

Laurent Contamin