vendredi 26 mars 2021

Dis-moi dix mots

Comme chaque année, le Ministère de la Culture propose l'opération "Dis-moi dix mots". Cette année, la thématique est l'air : dis-moi dix mots qui ne manquent pas d'air !

Avec les élèves de CM de l'école René Descartes de Creil, nous avons écrit, sur l'initiative de la Médiathèque municipale, quelques récits collectifs qui comportaient les dix mots proposés. Et puis comme  il nous restait un peu de temps, on a écrit quelques haïkus. En voici un aperçu :

Loin de chez moi / Parti avec mon vélo / Oh ! des éoliennes ! // Asmin

Quand il fait chaud / On fait sécher les violettes / J'adore leur fragrance // Soukaina

A l'aéroport / L'avion décolle / J'ai l'impression de décoller aussi ! // Hamza

Au centre commercial / Une fille laisse une odeur vaporeuse / Ca me relaxe... // Lina

Au début de leur vie / Les oisillons déploient leurs ailes / Vive la liberté ! // Safa

Bravo à elles et eux !

> Laurent Contamin

dimanche 14 mars 2021

Une vie de château

En préparation à l'ouverture du Centre International de la Langue Française prévue d'ici quelques mois dans les murs du château de Villers-Cotterêts, dans l'Aisne, quelques ateliers d'écriture en lien avec l'association Diaphane et le Centre des Monuments Nationaux, avec des habitants de la ville et la photographe Sophie Zénon.

Merci aux résidents du Centre Henri Vincent et de l'EHPAD François Ier pour leur confiance, leur regard et leur inventivité à mettre en mots leur vécu, réel ou imaginaire, dans le château.

> Laurent Contamin

mardi 9 mars 2021

De chez moi au collège...

En cette période de confinements, de couvre-feux, de contraintes... le manque de voyages et de dépaysement se fait cruellement sentir.

Et si on apprenait à prendre nos déplacements les plus habituels comme autant de voyages ?

C'est ce qu'on fait les élèves de 6ème du collège Flora Tristan de Carrières-sous-Poissy. On s'est interrogé sur tout ce qu'on voyait, tout ce qu'on entendait, tout ce qu'on ressentait, quand on allait de chez soi au collège, le matin, à telle ou telle saison.

A l'arrivée, des poèmes plein de rythmes, de sons, de sensations.

Merci à la Nacelle d'Aubergenville, à la compagnie Cela Dit, aux enseignantes du collège pour leur accompagnement.

> Laurent Contamin

dimanche 31 janvier 2021

Chantier Hopper

Avec les étudiants en CPES (Cycle Préparatoire Etudes Supérieures) Théâtre du Conservatoire de Saint-Germain en Laye, on s'interroge sur le processus d'écriture d'une pièce de théâtre...

Qu'est-ce qu'une pièce de théâtre, au fond ? Comment a évolué le texte de théâtre depuis la fameuse règle des trois unités du Grand Siècle, suivie des montées de sève révolutionnaires, et puis du romantisme, du naturalisme, du symbolisme, du théâtre de l'absurde de l'après-guerre, du renouveau dramaturgique des années 80, de l'éclatement des formes ces dernières années ? Qu'est-ce qui fait qu'un texte est un texte de théâtre ?

On s'est interrogé sur les personnages, les situations... On a été chercher des balises du côté d'Alain Knapp et de Michel Vinaver, on a lu et discuté autour de certaines de mes pièces (Lisolo, Hérodiade...), sur ce que ça ouvrait comme possibles, et puis on s'est lancé...

En guise de "pré-texte", l'univers d'Edward Hopper. Des monologues ont surgi.

De ces monologues, des personnages, et puis un lieu, une situation. Un synopsis. Un déroulé. Des dialogues. En quelques demi-journées, grâce à une remarquable capacité des étudiants à faire groupe, à jouer collectif, à accepter la règle du jeu en forme de palimpseste, une pièce a surgi.

Une pièce singulière, à la fois pièce-paysage et pièce-machine, dramatique et comique, ancrée dans l'actualité et la débordant largement.

Elle sera jouée par les élèves, dans une mise en scène d'Isabelle Mestre, le 17 avril, salle Jacques Tati, Saint-Germain en Laye.

> Laurent Contamin

samedi 16 janvier 2021

Deux para-textes

Quel texte peut s'écrire "à côté" d'un texte existant ?

Quelle scène supplémentaire, au début, au milieu, à la fin de telle pièce... quel personnage existant déjà mais qu'on pourrait renforcer... quel nouveau personnage qu'on pourrait introduire... quel monologue intérieur ou adressé au public... quelle partition de didascalies... quelle nouvelle péripétie... quel coup de théâtre...

Voilà toutes les questions que se posent cette année des lycéens de Crépy-en-Valois (Oise) autour de deux de mes pièces : La petite Marchande d'Histoires vraies (Christophe Chomant Editeur) et Une petite Orestie (L'Agapante & Cie)

Dans le cadre d'un PEP'S piloté par la Faïencerie de Creil où je suis artiste associé cette saison, j'interviens en ce début d'année 2021 au sein du lycée. Il s'agit de faire découvrir aux jeunes le théâtre contemporain, les métiers du livre et du théâtre, la pratique de l'écriture et les rouages de la dramaturgie, la lecture à voix haute.

Chaque groupe présentera à l'autre son travail au printemps : il s'agira de lire un bout à bout des "scènes supplémentaires", cousues dans l'ordre de leur insertion à la pièce existante : une sorte de para-texte, de para-pièce, contrepoint de chacune des deux pièces existantes.

> Laurent Contamin

lundi 14 décembre 2020

Poésie et science

Cette année, approche de la poésie via la science, et vice versa, au collège Jean Moulin de Paris (14ème). Au programme : découverte de la poésie contemporaine avec Anne Marenco, écriture de textes poétiques avec Laurent Contamin, lecture à voix haute et mise en espace par Geoffroy Guerrier. Le tout en lien avec les questions écologiques (rapport homme / animal, réchauffement climatique...), pour une restitution prévue en juin 2020.

Une sensibilisation aux enjeux de défense de l'environnement et de développement durable.

Un projet inter-niveaux, de la 6ème à la 3ème.

Une initiative de l'association Jeunes Pages, avec l'aide du Rectorat de Paris et de la DRAC Ile-de-France > suivre le blog des collégiens

> Laurent Contamin

vendredi 6 novembre 2020

Ateliers par temps de confinement (bis)

Merci à l'association Scènes d'Enfance et d'Ailleurs / ASSITEJ France de faire passer cette information :

 SPECIAL INFOS INTERVENTIONS EN TEMPS SCOLAIRE ET HORS TEMPS SCOLAIRE

Le décret du 29/10 n'interdit pas les intervenants extérieurs.... Donc par définition, toutes les actions Eac au sein des établissements scolaires sont autorisées sauf avis contraire prononcé localement ou selon l'appréciation du chef d’établissement et/ou du service du Rectorat (Dasen, IEN etc..)

Sachant que le décret sur la distanciation est réaffirmée et le port du masque obligatoire (sauf si la nature de l'activité même ne le permet pas)
Concernant les activités périscolaires de nature artistique, au même titre que les activités sportives, elles sont autorisées si elles se déroulent (i) dans la continuité du temps scolaire et (ii) au sein des établissements d’enseignement, d’établissements se situant à leur immédiate proximité, ainsi qu’au sein des accueils collectifs de mineurs (exemple des centres aérés).

Les représentations dans les écoles s'inscrivant dans le cadre d'un partenariat et d'un projet pédagogique peuvent se jouer (en accord avec le chef d'établissement).
Les déplacements scolaires ne sont pas contre plus autorisés dans les ERP fermés au public (cinémas, musées…).
Ces informations peuvent être réactualisées en vue de l'évolution des conditions sanitaires

dimanche 27 septembre 2020

Au lycée agricole de Beauvais

Avec 7 lycéen.ne.s du CFA de Beauvais, nous démarrons une séquence consacrée au récit de vie : "Raconte-moi ta vie !", une initiative de Auteurs solidaires (SACD, ACAP Amiens). Une vingtaine d'heures qui aboutiront à l'écriture de quelques textes autobiographiques.

La première séance a été l'occasion de faire connaissance : qu'est-ce qu'ils font ? Qu'est-ce que je fais ? Spécificité de nos métiers respectifs, points de rencontre aussi, peut-être. Ils me font visiter leur jardin d'application, les travaux d'horticulture, de terrassement, les arbres, la serre... Je montre quelques-uns de mes livres.

J'ai extrait et distribué quelques "récits de vie" dans Lisolo, Un verger pour Mémoire, Chambre à Air, on les a lus ensemble, on en a parlé : certains sont écrits au "je", d'autres à la troisième personne du singulier. On s'est interrogés sur la manière de commencer un texte, de réduire en quelques lignes la durée d'une vie : comment faire ? que raconter d'une vie ? par quel bout prendre la chose ?

Peut-être commencer par se lancer sur des textes brefs, des éclats, afin d'appréhender quelques méthodes d'écriture : se donner une trousse à outils.

Quelques textes très courts, donc, genre de "biographies express" : je montre un peu de Noëlle Renaude, d'Annie Ernaux. En cinq lignes, pas une de plus. Du concentré. Chacun a réussi à écrire sa bio express.

Autre chose : on est partie du prénom, noté à la verticale, en acrostiche. Quels sont les mots (noms, adjectifs, verbes, adverbes...) contenus dans ce prénom ? Une fois ces mots mis sur la page, peut-on les relier par un court texte ? Ainsi, d'un mot, naît une liste de mots, puis des phrases, un texte. Comme croît une plante.

Le début d'un inventaire, enfin. Chacun choisit la liste qu'il veut dresser : celle des portes qui ont compté dans sa vie, celle des fenêtres à travers lesquelles il/elle a regardé, celle des lits ou des maisons où il/elle a dormi. Les inventaires sont en cours d'écriture, on les poursuivra la prochaine fois.

> Laurent Contamin

vendredi 22 mai 2020

Ateliers par temps de confinement


Avec une classe de 3ème du collège Jean Zay de Morsang-sur-Orge (91), nous avons exploré l'imaginaire comme moteur d'écriture... Ils sont allés visiter l'exposition Tolkien à la Bibliothèque Nationale de France, et puis nous nous sommes rencontrés à la médiathèque municipale.

Ils ont commencé à lire Un Verger pour Mémoire pour voir comment l'imaginaire, notamment dans les personnages de Berthe et de Nina, nourrissait l'histoire. Et aussi pour commencer à appréhender une méthode d'écriture. Chacun.e avait choisi une couverture de livre à partir de laquelle ils ont commencé à imaginer un texte : récit, slam, nouvelle... l'idée étant de voir comment l'imaginaire et/ou le fantastique surgissait au coeur du réel.

On devait se revoir, mais assez vite, le confinement est arrivé... Il a fallu travailler autrement. Nous avons pu avancer (et même  terminer) les ateliers grâce à l'implication forte de l'enseignante, par l'entremise de la plateforme de travail à distance de l'Education Nationale.

Quelques textes seront prochainement mis en ligne sur le site de la Maison des Ecrivains et de la Littérature, partenaire du projet. Merci au Rectorat de Versailles et à la communauté de communes Coeur Essonne pour leur soutien.

mardi 28 avril 2020

Retour sur Tobie

Retour sur un atelier d'écriture mené avec la Maison des Ecrivains et de la Littérature au collège de Graulhet (Tarn) avec une classe de 3ème autour de ma pièce Tobie (Lansman Ed.) :

"Tobie", Lansman Ed.
"Dire déjà que j'ai apprécié la progression du groupe qui est entré de plus en plus vivement, fluidement et talentueusement dans la proposition. Il y a eu comme un effet d'accélération au cours des trois séances, vers une appropriation, par les élèves, de l'écriture dramatique.

Raconter le parcours. La première séance a consisté d'abord en une prise de contact, et de questions-réponses autour de "qu'est-ce qu'un auteur ?", "comment le devient-on ? Pourquoi ?", "comment cela se vit-il au quotidien ?", puis davantage autour de l'écriture pour le théâtre, des questions autour de la représentation, de la publication, des écritures "autour du théâtre" que j'ai pratiquées comme la radio, le cirque, la marionnette.

Ils ont préparé des questions.

Ensuite, nous sommes rentrés plus précisément sur la pièce Tobie qu'ils avaient lue, et sur laquelle ils avaient commencé à avancer grâce à une grille de lecture que nous leur avions proposée : la topographie de l'histoire, les quatre éléments et leur influence sur la trame dramatique, la présence d'un objet récurent (les draps), le temps – ou plutôt les temps – de la pièce, etc... Des questions liées aussi à la notion d'adaptation, au regard d'une autre pièce qu'ils étudiaient au même moment, l'Antigone (Anouilh versus Sophocle). La lecture du passé, la lecture du présent. Comment deux temporalités peuvent cohabiter grâce à l’écriture. Cette chose rendue possible. Ce pouvoir-là de l’écriture. La tresse dramatique.

"Tobie", mise en scène Sabine Pernette
La fin de la séance a consisté en un premier atelier d'écriture, en quatre groupes de six ou sept élèves : écrire "la scène qui suit" la dernière scène de Tobie, imaginer une autre fin, imaginer une nouvelle dernière séquence...

La deuxième séquence a été l'approfondissement de l'écriture de cette dernière scène, toujours par groupes. Sensibilisation à la vraisemblance, à la psychologie des personnages, à la prise en compte de ce qui précède, au temps et à l'espace scéniques, à la répartition entre dialogues et didascalies... Nous donnons quelques contraintes supplémentaires pour l'écriture (un objet et deux mots qui doivent être présents dans leur proposition d'écriture). La contrainte devient motif à jouer avec les mots, les actions scéniques, les codes théâtraux. Réinvestir ce qu’on a dit sur les éléments, les espaces, les temps de la pièce. Intérêt pour moi de voir qu’ils ont compris qu’on pouvait s’autoriser l’humour même dans un sujet grave, qu’ils font ressurgir sur scène des personnages secondaires mais importants (le chien), qu’ils « donnent leur chance » aussi à des personnages comme Edna…

Les tâches ont été réparties dans chaque groupe comme dans une petite troupe de théâtre (les comédiens bien sûr, mais aussi le metteur en scène et le dramaturge). Puis nous avons écouté une version radiophonique de Tobie réalisée par France Culture en 2009 et dont j'avais apporté le CD. Discussion, ensuite, sur le bruitage, sur le choix des comédiens par rapport aux rôles, sur le parti-pris par le réalisateur quant au contexte historique...

Richard Davies, Tobie et l'ange
Entre la deuxième et la troisième séance, les quatre groupes ont continué de travailler avec l’enseignante pour arriver à l'écriture de leur scène qui, toutes, étaient de bonne tenue, et qui avaient en outre le mérite d'être à la fois vraisemblables, originales et différentes les unes des autres.

La troisième et dernière séance a pu se faire à l'auditorium de la ville de Graulhet, avec mise à disposition d'un régisseur. Chacun des quatre groupes a d'abord fait une lecture publique de sa proposition, le metteur en scène lisant les didascalies. Premiers retours critiques des uns et des autres, quelques corrections. Puis le metteur en scène voyait quelques instants le régisseur pour négocier une conduite lumière tandis que les comédiens construisaient leur espace scénique. Enfin, répétition générale. Deuxièmes retours critiques, de la part de leur metteur en scène, de la part des autres collégiens, et de ma part. Ultimes corrections. Quand les quatre groupes sont passés, après une courte pause, nous enchaînons les quatre scènes "en condition spectacle". Cela se fait rapidement : un quart d’heure, vingt minutes tout au plus. Nous terminons par un bilan de ces trois demi-journées.

Il me semble pour ma part que la trajectoire qui va du livre à l'écriture, puis de l'écriture à la scène a été bénéfique. Au fur et à mesure qu'ils passaient de lecteurs à écrivains, puis de écrivains à acteurs, ils ont gagné en engagement, en assurance et en participation. Je pense qu'ils connaissent mieux aujourd'hui le texte dramatique, dans les différents enjeux de celui-ci : à la fois livre qu'on peut lire, texte qu'on peut écrire, partition qu'on peut jouer.

Workshop autour de "Tobie" à Québec
J’étais à l’aéroport de Blagnac où le taxi m’avait conduit, en salle d’embarquement, j’avais une demi-heure à attendre. J’ai repensé à ces trois jours, ces trois aller-retours à Graulhet, Tarn. Il y a eu un effet d’accélération et d’accroche avec ce groupe, autour de l’écriture dramatique et de Tobie. Je pense à un avion qui décolle.

Aux étapes : l’installation et le comptage des passagers tout d’abord, puis le positionnement sur la piste de décollage, et pour finir l’accélération jusqu’à l’envol et la poussée des réacteurs. Ce sont ces trois phases que nous avons vécues. D’abord une prise de contact un tout petit peu intimidée, de part et d’autre, mais enfin on va faire un bout de trajet ensemble alors on s’installe dans le projet, et puis on commence à avancer, c’est le moment de l’écriture, on rentre plus profondément des les enjeux de la pièce, et puis enfin, le saut dans le vide pour certains, parler un texte, mettre l’écriture en corps.

J’ai senti, à ce moment-là, qu’on était véritablement embarqués ensemble, et que, comme l’avion qui arrive en bout de piste à pleine allure et n’a plus d’autre choix que de décoller, nous avions pris notre envol ensemble. Chacun ayant été successivement lecteur, auditeur, écrivain, spectateur, acteur, critique. Et pour certains, metteurs en scène. Ce fut un beau voyage."

lundi 23 décembre 2019

Animaux d'Amérique du Sud

 Avec le Théâtre Dunois, dans le cadre de sa programmation, en janvier, du Carnaval des animaux sud-américains, rencontre des élèves du collège Elsa Triolet avec l'Ensemble Almaviva.

Découverte de la faune d'Amérique du sud, écriture descriptive, puis écriture subjective - une journée type ? une journée pas comme les autres ?

A l'arrivée, des textes au "je", au "tu", au "il/elle". Restitution textuelle et instrumentale avec création musicale des mêmes collégiens, encadrés par Maxime Echardour, en contrepoint du spectacle proposé au Théâtre Dunois.

mardi 1 octobre 2019

Projet Albius à Dugny

Dans le cadre du projet Albius (compagnonnage auteur / compagnie avec la Cie réunionnaise Baba Sifon), j'ai eu le plaisir d'animer un atelier d'écriture autour de la saveur de vanille avec des élèves du lycée hôtelier François Rabelais de Dugny, avec l'aide de la Cie Issue de Secours (La Ferme Godier, Villepinte). Nous sommes partis d'une part des textes de François Claudel (Parfums) qui mettent en évidence les métaphores visuelles, tactiles et sonores d'une sensation olfactive, d'autre part de l'expérience des élèves vis-à-vis de la vanille, que ce soit comme goûteur ou comme cuisinier. Florilège de quelques textes - ici, les auteurs sont Rachel, Younès et Jean-Marc :

La première fois que j'ai vraiment senti son goût, c'était en Guadeloupe. Dans le gâteau - le gâteau d'anniversaire de ma grande cousine - je n'étais pas encore en primaire, et je ne me souviens plus vraiment du goût, mais je me rappelle qu'il était très sucré. Je me rappelle tout de même qu'il n'avait ni le goût ni l'odeur des yaourts ou de la glace que je prenais chez le glacier. C'était une pièce montée avec de la crème et de la coco râpée sur le dessus.

Je me rappelle que pendant que je mangeais, les enfants de mon âge criaient tout autour de moi. Mes cousins, cousines ne voulaient plus que je mange mon gâteau parce qu'ils voulaient que j'aille jouer avec eux. Il y avait la musique, et nous étions même assortis à la musique, nos tenues étaient assorties, le madras qui composait nos tenues était assorti à la musique. 

Je voulais jouer avec eux mais je voulais quand même finir mon gâteau. Mes cousins tiraient mes mains pour m'emmener avec eux, j'ai pris donc tout - d'un coup - avant de partir jouer avec eux. (Rachel)



vendredi 16 août 2019

Démarrer, poursuivre, conclure...

Pour faire écrire une courte nouvelle, en atelier d'écriture, Microfictions de Régis Jauffret (Folio) est une mine.

On peut donner quelques incipit et demander au participant de poursuivre. Exemples de premières phrases empruntées à Jauffret :

Arrête de pleurer. Je ne te tuerai pas ce soir. …/…
J’ai escaladé la façade de l’immeuble comme une paroi rocheuse.
Vous demanderez à quelqu’un d’enlever les pitons, …/…

La ville dort, la ville rêve, la ville s’illumine soudain comme on se réveille en sursaut au milieu d’un cauchemar. La ville où vous êtes né, …/…

Samedi dernier, nous avons acheté en promotion un réfrigérateur assez grand pour …/…

J’ai l’habitude de quitter mon mari en pleine nuit. Quand il dort. …/…

Nous nous sommes rencontrés dans un attentat, alors que par hasard nous partagions le même wagon de métro …/…

- Sandrine, je n’ai pas à me plaindre de votre travail, mais de votre physique ».
Vous prétendez être coupable d’un crime. Mais vous n’avez plus aucune idée de qui est la victime.
Je suis né, il le fallait bien, et je n’ai rien pu faire pour m’empêcher d’atteindre l’âge de 41 ans d’où je vous parle aujourd’hui perché comme un pingouin sur un morceau de banquise.
(ad lib...)
On peut ajouter une contrainte (par exemple : n'écrire que 15 phrases... écrire entre 15 et 30 phrases, etc...).
On peut aussi inverser la proposition et demander aux participants d'écrire une liste de "premières phrases"... qui peuvent servir ensuite, à la manière d'un cadavre exquis, à d'autres participants, pour poursuivre...

Enfin, ce qui est, chez Jauffret, une phrase de début peut être proposée aux participants comme la phrase de conclusion de la nouvelle qu'on leur proposera d'écrire...

vendredi 12 juillet 2019

Ecrire en forêt

Merci aux 5ème du collège d'Avon de leur lettre de remerciement et de leur "haïku bonus" suite à la journée passée à Bourron-Marlotte, dans le cadre de ma résidence d'écriture, et de l'après-midi à la Mare aux Fées où nous avons écrit des haïkus :

"Mesdames, Messieurs,
Nous étions très heureux de vous rencontrer et de découvrir votre univers. Nous vous remercions infiniment d’avoir pris de votre temps pour nous apprendre toutes ces choses sur vos métiers. Vous avez réussi à partager avec nous votre passion.
Cela nous a fait plaisir d’être aussi bien accueillis. L’activité d’écriture dans le cadre naturel de la Mare aux fées nous a également beaucoup plu.

En espérant vous rencontrer de nouveau, nous vous remercions encore une fois.

Bien à vous."
La classe de 5e1 du Collège de La Vallée

Un dernier haïku :

Près de la Mare aux Fées,
Assaillis par nos souvenirs, 

Nous écoutons l’inspiration.